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	<title>Révolution Personnelle &#187; Changer les règles</title>
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	<description>Hasta la vida!</description>
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		<title>Table numéro 12 (suiiiite)</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 03:02:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprenti philosophe]]></category>
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		<description><![CDATA[
Cet article est la cinquième partie d’une histoire qui a commencé ici.
La dame se lève.
La jeune fille et toi, vous faites de même,  encore ébahis par ce à quoi vous venez d&#8217;assister. Tu te demandes  presque si tu n&#8217;as pas rêvé et tu vérifies que l&#8217;écureuil est bien réel  la-haut, sur sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1232" title="C'est à vous d'écrire votre histoire, pas aux autres." src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/06/foutain_pen.jpg" alt="C'est à vous d'écrire votre histoire, pas aux autres." width="500" height="500" /></p>
<p><em>Cet article est la cinquième partie d’une histoire qui a commencé <a id="j-8s" title="ici" href="../2010/06/2010/06/2010/05/table-numero-12/">ici</a></em>.</p>
<p>La dame se lève.</p>
<p>La jeune fille et toi, vous faites de même,  encore ébahis par ce à quoi vous venez d&#8217;assister. Tu te demandes  presque si tu n&#8217;as pas rêvé et tu vérifies que l&#8217;écureuil est bien réel  la-haut, sur sa branche.</p>
<p>Vous mettez vos barquettes, ces  barquettes qui maintenant te &#8220;brûlent&#8221; un peu les doigts, dans des sacs  et vous marchez lentement vers la sortie du parc.</p>
<p>Le soleil est  encore chaud mais la petite brise est toujours présente,  rafraichissante.</p>
<p>Une fois arrivée au bord de la route, la dame  s&#8217;arrête et se tourne vers vous. &#8220;J&#8217;ai eu beaucoup de plaisir à déjeuner  aujourd&#8217;hui.&#8221; Elle te regarde. &#8220;Et merci à vous de m&#8217;avoir fait  découvrir de nouvelles petites friandises.&#8221;<br />
<span id="more-1231"></span><br />
Tu rougis un peu.</p>
<p>&#8220;Non,  c&#8217;est moi qui vous remercie, vous m&#8217;avez fait comprendre beaucoup de&#8230;  de&#8230;&#8221;</p>
<p>Pendant que vous parlez, la jeune fille, tout en vous  écoutant, dénoue ses cheveux, penchant légèrement la tête sur le côté et  passe doucement les doigts dedans pour les démêler.</p>
<p>&#8220;&#8230;beaucoup  de choses.&#8221;</p>
<p>Ces cheveux sont vraiment magnifiques.</p>
<p>Elle  prend la parole. Sa voix est plus douce, moins incisive qu&#8217;avant. &#8220;Je  voulais vous demander. Comment se fait-il que cet écureuil soit là,  encore vivant ? Si effectivement vous le connaissez depuis des années et  s&#8217;il passe son temps à chiper dans les barquettes, il n&#8217;aurait pas dû  survivre aux hivers.&#8221;</p>
<p>La dame hoche la tête. &#8220;Vous avez raison.  Il n&#8217;aurait pas dû. Surtout que les écureuils n&#8217;hibernent pas.&#8221;</p>
<p>Elle inspire un bon coup.</p>
<p>&#8220;Mais voilà, je me sens un coupable de le  voir ainsi piocher dans mon déjeuner, alors, chaque hiver, je viens ici  une fois par semaine. Souvent, il y a de la neige. Je nettoie un coin  de la table où nous étions assis, pour y déposer des noisettes. Lorsque  je reviens, sept jours plus tard, il n&#8217;en reste plus une seule.&#8221;</p>
<p>La  jeune fille sourit. &#8220;C&#8217;est vraiment gentil à vous de faire ça.&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est  un peu ma responsabilité. Je vous l&#8217;ai dit, je pense que nous sommes  interdépendants,&#8221; répond la dame en la regardant d&#8217;un air complice.</p>
<p>Elles  rient toutes les deux.</p>
<p>Tu les observes et tu te dis que tu  aurais bien aimé faire durer ce moment plus longtemps. Pourquoi  retourner en ville ? Pourquoi ne pas rester ici tranquille, loin de tout stress ?</p>
<p>&#8220;Parfois vous n&#8217;avez pas envie de tout envoyer balader  ?&#8221;, tu lui demandes, &#8220;le parc et ses environs me paraissent bien plus  sereins que la ville.&#8221;<br />
&#8220;Oui, ça m&#8217;arrive. Mais j&#8217;aime aussi mes  responsabilités. Nous ne pouvons d&#8217;ailleurs les refuser. Elles sont  notre force, ce qui nous permet de rester liés avec les autres et d&#8217;avancer.&#8221;</p>
<p>Tu  hoches la tête, pas convaincu.</p>
<p>La dame reprend. &#8220;Dans la nature,  vous trouvez des exemples d&#8217;interdépendance partout. Je vous passerai  celui de la pollinisation des fleurs mais je voudrais juste vous citer  celui du phacochère.&#8221;</p>
<p>A ces mots, tu jettes un coup d&#8217;œil suspicieux  autour de toi. Après les écureuils, on ne sait jamais. Ta réaction fait  sourire la dame.</p>
<p>&#8220;Les phacochères vivent en Afrique. Ce sont des  animaux particulièrement courageux, surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de défendre  leurs petits. Ils ressemblent au sanglier mais en plus impressionnant  je trouve. Surtout avec leurs très longues canines qui leur servent à  creuser le sol.&#8221;</p>
<p>&#8220;Pour chercher des noisettes ?&#8221;, tu ajoutes, un  brin moqueur.</p>
<p>Personne ne relève. Tu rentres un peu la  tête dans les épaules.</p>
<p>La dame poursuit. &#8220;Ils sont intéressants  parce qu&#8217;ils constituent le seul exemple de collaboration voulu entre  mammifères. Lorsqu&#8217;ils veulent se débarrasser de leurs tics qui les  démangent, ils font appel à un autre animal, la mangouste rayée, qui se  fait un plaisir de les nettoyer, parce que ces-dernières y trouvent là  un met facile à attraper et très nutritif.&#8221;</p>
<p>La jeune fille hoche  de la tête. &#8220;C&#8217;est un peu comme ces oiseaux qui sont juchés sur le dos  des gros mammifères d&#8217;Afrique.&#8221;<br />
&#8220;Exactement, il y a même des  histoires sur un autre petit oiseau, le pluvian d&#8217;Égypte qui nettoierait  les dents des crocodiles mais cela n&#8217;a pu être prouvé.&#8221;</p>
<p>Tu ne  dis rien. Même si tu penses encore avoir une bonne blague. Tu écoutes.</p>
<p>La dame reprend. &#8220;Si les  animaux peuvent avoir ce genre d&#8217;attitude, pourquoi pas nous ? Nous  sommes plus efficaces en collaborant qu&#8217;en étant séparés par des  barrières rigides et artificielles. Dans votre vie, vous obtiendrez plus  de succès en faisant appel aux autres. Si tout le monde  s&#8217;unissait, se levait et quittait le grand restaurant, il n&#8217;y aurait  plus de table numéro 12.&#8221;</p>
<p>La jeune fille triture le bout de ses  longs cheveux. &#8220;Pour faire quoi, à la place ?&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est à vous de  trouver. Pour moi, cela n&#8217;est pas apparu dès que j&#8217;ai quitté le grand  restaurant. J&#8217;ai expérimenté dans différent domaines avant de découvrir  quelque chose qui me plaisait vraiment.&#8221;</p>
<p>Tu soupires. &#8220;Donc on  n&#8217;est pas près d&#8217;avoir la sécurité ?&#8221;<br />
&#8220;Quelle sécurité vous voulez ?  Un emploi ennuyeux pendant 40 ans, c&#8217;est vraiment cela que vous désirez  ?&#8221;</p>
<p>Tu secoues la tête. &#8220;Non pas vraiment.&#8221;</p>
<p>La dame écarte  un peu les bras. &#8220;Le seul moyen de trouver quelque chose d&#8217;intéressant à  faire, c&#8217;est d&#8217;expérimenter. Je vous l&#8217;ai dit tout à l&#8217;heure, vous avez  un potentiel insoupçonné en vous. On vous fait croire le contraire, on  vous fait peur mais, crises économiques ou pas, votre énergie est  toujours présente et c&#8217;est votre meilleure sésame !&#8221;</p>
<p>Elle parle un peu plus fort.</p>
<p>&#8220;Alors tentez ! Faites des erreurs,  recommencez, découvrez de nouveaux savoir-faire, apprenez des autres,  écoutez votre intuition, vivez vos moments de découragement à fond,  analysez-les, comprenez qu&#8217;ils ne sont que passagers et repartez de plus  belle pour finalement, un jour, découvrir quelque chose qui vous plaise  vraiment &#8211; peut-être pas pour toujours mais assez longtemps pour vous  construire.&#8221;</p>
<p>Ses yeux brillent. Elle est presque transfigurée,  rajeunie. Finalement, elle laisse retomber ses bras en riant. &#8220;Vous  voyez, je crois en vous, plus que vous-même !&#8221;</p>
<p>Vous riez avec  elle. Elle est rassurante.</p>
<p>Ton regard croise celui de jeune fille. Ses cheveux glissent sur les  épaules de son tailleur. Tu te sens soudainement très fort. Prêt à  conquérir le monde. Prêt à ramasser des tas de noisettes. Prêt à aller  jouer avec les phacochères et les mangoustes rayées. Prêt à lui parler.</p>
<p>La  dame aux cheveux blancs consulte sa montre. &#8220;Je vais vous laisser.  Merci encore pour votre excellente compagnie et à bientôt, ici-même.&#8221;</p>
<p>Vous  avez à peine le temps de la saluer que déjà elle s&#8217;éloigne sur cette  petite route, retournant à la ville.</p>
<p>Vous la regardez marcher pendant quelques instants, avant que sa silhouette ne disparaisse dans un tournant.</p>
<p>La  jeune fille se tourne vers toi, souriante. &#8220;On expérimente ?&#8221;</p>
<p>Tu  approuves de la tête et, à votre tour, vous prenez le chemin du retour.</p>
<p>&#8220;On  pourra se revoir ?&#8221; tu lui demandes, tout en marchant.<br />
&#8220;Bien sûr.  Vous connaissez des bons plans ?&#8221;<br />
&#8220;Oui, en venant ici, j&#8217;ai croisé  des petits restos sympas&#8230; Demain, ça vous dit ?&#8221;<br />
&#8220;D&#8217;accord, mais  évitez de réserver leur table numéro 12 !&#8221;</p>
<p>Vous riez tous les  deux, en pensant à tous les bons menus, à tous les bons moments, à  toutes les aventures qui vous attendent&#8230;</p>
<p>Voilà cher étudiant,  ma longue lettre s&#8217;achève ici.</p>
<p>Toi qui va donc entrer dans la  vie active voilà l&#8217;histoire qui pourrait t&#8217;arriver. Je l&#8217;ai vue. Je l&#8217;ai sentie. En l&#8217;écrivant, j&#8217;ai voulu la partager avec  toi.</p>
<p>Pourquoi ? Parce que moi aussi, je suis passé par là, parce  que moi aussi je me suis assis à la table numéro 12, mais à la  différence de ce que j&#8217;ai vu pour toi, je me suis accroché à elle pendant des années avant, moi aussi, de m&#8217;échapper.</p>
<p>Alors  n&#8217;oublie pas, un jour, bientôt, plus tôt que tu ne le penses, tu te  retrouveras toi aussi devant &#8220;la 12&#8243;. Tu ne pourras pas manquer ce  moment car tu le devineras, instinctivement. Tu sentiras au loin les  grandes portes du restaurant se refermer lentement sur toi.</p>
<p>Repense  alors à tous ces possibles que j&#8217;ai vus et qui existent  réellement dans un futur qui ne dépend que de toi. La vie est une suite  de possibilités qui s&#8217;effacent selon nos choix.</p>
<p>Prend ton temps.  Ne te précipite pas sur la carte avec ses menus fades qu&#8217;on te pousse  sous le nez.</p>
<p>Lève les yeux.</p>
<p>Regarde la grande porte et  au-delà.</p>
<p>Derrière, il y a un tas de noisettes et des cheveux aux  reflets roux qui n&#8217;attendent que toi.</p>
<p>(Photo : <a id="r.g5" title="bizmac" href="http://www.flickr.com/photos/bizmac/">bizmac</a>)</p>
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		<title>Miroir, miroir, dis-moi, qui suis-je ?</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 03:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Changer les règles]]></category>
		<category><![CDATA[art japonais]]></category>
		<category><![CDATA[asymétrie]]></category>
		<category><![CDATA[miroir]]></category>
		<category><![CDATA[mouton noir]]></category>
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		<category><![CDATA[scanneur]]></category>

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		<description><![CDATA[
Cet article constitue ma participation à cette rencontre amicale, “À la croisée des blogs” qui est un événement inter-blog dédié au développement personnel. Il est publié mensuellement et chaque  nouvelle édition traite d’un thème original. Ce mois-ci c’est Mona Lisa, du blog Le bonheur pour les nuls qui en est l’organisatrice et qui nous a  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1224" title="Que voyez-vous dans votre réflection ? L'âme d'un enfant oublié ?" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/06/reflection_child.jpg" alt="Que voyez-vous dans votre réflection ? L'âme d'un enfant oublié ?" width="432" height="500" /></p>
<p><em>Cet article constitue ma participation à cette rencontre amicale, “<a id="obaw" style="color: #3a639a; text-decoration: none;" title="A la croisée des blogs" onclick="javascript:pageTracker._trackPageview('/outbound/article/developpementpersonnel.org');" href="http://developpementpersonnel.org/festival-a-la-croisee-des-blogs" target="_blank">À la croisée des blogs</a>” qui est un événement <span>inter-blog</span> dédié au développement personnel. Il est publié mensuellement et chaque  nouvelle édition traite d’un thème original. Ce <span>mois-ci</span> c’est Mona Lisa, du blog <a href="http://www.lebonheurpourlesnuls.com/" target="_blank">Le bonheur pour les nuls</a> qui en est l’organisatrice et qui nous a  proposé de plancher sur “<a href="http://www.lebonheurpourlesnuls.com/2010/06/festival-la-croise-des-blogs-saimer-soi-mme/" target="_blank">S&#8217;aimer soi-même</a>.“</em></p>
<p>Quand vous vous levez le matin, est-ce que votre première pensée est  pour vous ?</p>
<p>Ou alors, comme moi, vous pensez à tout ce que vous  allez devoir accomplir ? Avec plus ou moins d&#8217;enthousiasme ?</p>
<p>Si je ne me trompe pas,  nous sommes la personne avec qui nous passons le plus de temps sur  terre, et pourtant, très souvent, nous finissons par nous oublier.</p>
<p>Et  puis un jour, au détour d&#8217;un miroir, nous nous surprenons à regarder  cette image plus sérieusement et pendant un bref instant, nous nous  demandons, &#8220;C&#8217;est qui lui ?&#8221;, &#8220;C&#8217;est qui elle ?&#8221;</p>
<p>Où étions-nous  passé ?<br />
<span id="more-1223"></span></p>
<h3>Se méfier des contes de fées</h3>
<p>Peut-être que  j&#8217;exagère un peu mais certains moments de notre chemin de vie y  ressemblent. Le miroir de Blanche-Neige est parfois trop présent dans  notre quotidien et risque de nous faire oublier ce qui est important. Pourtant,  lorsque nous sommes enfants, nous nous intéressons peu à nous-même mais  plus au monde extérieur qui est si grand et où il y a plein de choses à  découvrir.</p>
<p>Lorsque l&#8217;adolescence arrive, avec ses incertitudes,  la compréhension que le monde est un peu plus compliqué qu&#8217;il n&#8217;y  parait, on a besoin de se rassurer. On a peu d&#8217;expérience dans laquelle  puiser et donc c&#8217;est le physique, l&#8217;extérieur, l&#8217;apparence qui prennent  le dessus.</p>
<p>Ici, au Japon, je suis très étonné par le temps que  passent les ados à se regarder dans une glace, arrangeant une mèche par  ci, rectifiant un col par là. Et pas une seule fois le matin, mais bien  des dizaines de fois dans la journée. C&#8217;est la tyrannie du physique. On  ne peut pas leur en vouloir car, à longueur de journée, ils sont  bombardés par de la publicité vantant la beauté de corps sveltes, gracieux et stylés.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que s&#8217;ils restent trop fixés sur cet  aspect extérieur, ils finissent par en oublier qu&#8217;ils ont aussi un monde  intérieur riche, qui est le leur et qui n&#8217;a pas besoin d&#8217;être approuvé  par qui que ce soit.</p>
<p>Une vie basée sur le physique, c&#8217;est à dire  la validation par les autres &#8211; je lui plais, donc j&#8217;existe &#8211; ne peut  conduire qu&#8217;à une vie fade et superficielle.</p>
<h3>La société et  nous</h3>
<p>C&#8217;est ce qui se passe à l&#8217;intérieur qui est important. Or  nous passons plus de temps à cultiver notre extérieur que ce qui se  passe en nous. Je ne dis pas qu&#8217;il faudrait tous devenir des espèces  d&#8217;ermites en haillons mais la balance devrait plus pencher dans l&#8217;autre  sens, sur ce qui se passe en nous.</p>
<p>Et pour pouvoir s&#8217;y  intéresser, il faut savoir s&#8217;apprécier et se respecter. Ça, ce n&#8217;est pas  facile parce que notre société ne fait pas l&#8217;effort de nous donner les  clefs d&#8217;accès à notre vie intérieure.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas de publicité  dans les magazines nous encourageant à réfléchir sur nous-mêmes, à  apprécier nos qualités et à connaitre nos points faibles. Pourtant, c&#8217;est la  base de toute vie épanouie. On commence, à mon avis, par soi et ensuite  on va vers les autres et pas le contraire.</p>
<p>Il faut au moins  s&#8217;aimer un petit peu pour pouvoir apprécier et donner aux autres.</p>
<h3>Découvrir  ses talents</h3>
<p>Alors, commençons par creuser en nous. Comment nous  nous trouvons ? Loin d&#8217;être parfait ? Pas si intelligent que ça ? Je  suis prêt à parier qu&#8217;environ 90% d&#8217;entre nous,  nous allons nous dire cela, à un moment ou un autre de notre vie. Les  10% restants ne sont, en général, que des narcissiques incorrigibles qui  font le vide autour d&#8217;eux à cause de leur autosatisfaction. Douter est  normal &#8211; c&#8217;est un très ancien système de sécurité pour nous protéger &#8211; mais rester dans le doute  ne nous aide pas.</p>
<p>Alors pour ceux et celles qui comme moi font  partie des 90%, cherchons un peu. N&#8217;avons-nous pas des talents ? Des  savoir-faire dont nous pouvons être fiers ? En fait, pas besoin de chercher très  loin. Tous les matins, nous répondons présent dans divers domaines,  qu&#8217;ils soient professionnels ou familiaux.</p>
<p>Il y a des choses que  nous pouvons faire avec confiance. Ce n&#8217;est pas donné à tout le monde.  Que ce soit, résoudre une équation à deux inconnues, faire un riz pilaf  du tonnerre, chanter dans une chorale, être talentueux avec une Gameboy  ou avoir la main verte, ces talents-là sont à nous et nous devrions nous en souvenir plus souvent, plutôt que de méditer sur nos défauts.</p>
<p>Car  de toute façon, nous ne serons jamais parfaits et heureusement. Dans  notre vie, il y a des points forts et il y a des points faibles. Des  hauts et des bas. Des joies et des vides.</p>
<h3>La force de l&#8217;art  nippon</h3>
<p>L&#8217;art traditionnel japonais est célébré dans le monde  entier. Cet style, beau, dépouillé, rempli d&#8217;espace qui nous pousse à la réflexion est basé sur un concept très simple  : l&#8217;asymétrie. L&#8217;artiste japonais avait &#8211; et a toujours d&#8217;ailleurs &#8211; un  rejet de l&#8217;équilibre parfait. Pour lui, la vie est un changement  constant qui doit se retrouver dans les objets qu&#8217;il sculpte, peint ou  dont il fait les plans. Et ce changement, ne peut venir que de  l&#8217;asymétrie qui attire le regard et pousse à la réflexion vers un équilibre fugitif.</p>
<p>Nos  asymétries intérieures sont donc également des richesses. Elles font  notre force, elles font que nous sommes des êtres dignes d&#8217;intérêt  auxquels les autres s&#8217;intéressent. Personne ne reste longtemps avec une  personne lisse d&#8217;où rien ne dépasse. L&#8217;ennui pointerait vite. Non, notre  rugosité, le relief plus ou moins escarpé de nos différentes  expériences est ce qui fait notre charme et qui nous donne aussi l&#8217;envie  de progresser, d&#8217;ajouter des cordes à notre arc, à la recherche d&#8217;un  meilleur équilibre.</p>
<p>Si nous arrêtons de construire notre  intérieur, d&#8217;y ajouter de nouveaux savoirs, nous somme comme morts.  Généralement cela se produit le jour où nous donnons aux autres  l&#8217;autorisation de nous juger, de nous dire si oui ou non, nous sommes  dignes d&#8217;eux.</p>
<h3>La vérité est en nous</h3>
<p>Faites  l&#8217;expérience.</p>
<p>Retournez devant un miroir &#8211; et pas celui de La belle au  bois dormant s&#8217;il vous plait. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Cette fois-ci, au lieu de regarder si  votre coupe de cheveux est parfaite, si votre mascara fait bien  ressortir vos yeux, si cette ride qui apparait là ne vous vieillit pas  trop, si votre nez est trop long &#8211; ou trop court -, non, regardez-vous  juste dans les yeux.</p>
<p>Observez-vous, sans ciller, sans détourner  votre regard, sans penser à autre chose. Plongez votre regard en  vous-même aussi longtemps que vous le pouvez. Je sais, c&#8217;est difficile.  Trente secondes, 1 minute, 2 minutes regardez bien dans vos pupilles et  vous verrez, à un moment, un déclic se produira &#8211; déclic parfois  inconfortable. Vous vous découvrirez soudain tel que vous êtes  réellement, c&#8217;est à dire un être avec un passé bien réel. Vous comprendrez que tout le  reste autour, n&#8217;est qu&#8217;artifices culturels, utiles mais pas  indispensables, mais que la vérité, notre vérité, se trouve au fond de  ce regard.</p>
<p>Vous verrez, au bout d&#8217;un moment, si vous oubliez tout  le reste, vous vous trouverez beau ou belle, conquérant ou conquérante,  complet ou complète.</p>
<p>J&#8217;aimerais bien que, lorsqu&#8217;ils sont tout  jeunes, on dise aux enfants combien ils sont talentueux tels qu&#8217;ils sont  et que pour le reste de leur vie, ils ne feront qu&#8217;ajouter à cette  richesse. Au lieu de boucher des trous, comme nous le faisons souvent,  ils joueraient sur leurs asymétries, se rendant ainsi plus beaux, plus  riches, et encore plus respectueux d&#8217;eux-mêmes.</p>
<p>Pour nous qui  sommes des adultes, nous pouvons à tout moment recommencer à appuyer sur  nos asymétries plutôt que d&#8217;aplanir, d&#8217;arrondir nos angles. Pour  reprendre l&#8217;expression de Nicolas Pène, nous sommes tous et toutes, à un  certain moment, des <a id="kowe" title="moutons noirs" href="http://nicolaspene.fr/le-mouton-noir-l-attaque-des-clones/">moutons noirs</a>, plus ou moins <a id="lkcy" title="scanneurs" href="../2010/04/etes-vous-un-scanneur/">scanneurs</a>.</p>
<p>Cessons de rechercher  l&#8217;équilibre stérile mais insistons outrageusement sur nos qualités pour  montrer au monde notre valeur.</p>
<p>Si vous faites ça, votre  confiance intérieure en sera renforcé et vos relations extérieures  s&#8217;épanouiront, créant une personnalité vraiment unique : vOuS. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>(Photo :  <a id="vt6q" title="Richard0" href="http://www.flickr.com/photos/nov03/">Richard0</a>)</p>
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		<title>Table numéro 12 (suiiite)</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 03:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Cet article est la quatrième partie d’une histoire qui a commencé ici.
Là, c&#8217;est la jeune fille et toi qui éclatez de rire.
L&#8217;écureuil  ? Responsable de notre liberté ? La dame, elle est vraiment drôle !
&#8220;Vous  dites qu&#8217;on vous a bien fait rire tout à l&#8217;heure mais maintenant, c&#8217;est  vous qui nous rendez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1217" title="Une noisette oubliée ? Par qui ?" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/06/hazelnut.jpg" alt="Une noisette oubliée ? Par qui ?" width="500" height="375" /></p>
<p><em>Cet article est la quatrième partie d’une histoire qui a commencé <a id="j-8s" title="ici" href="../2010/06/2010/06/2010/05/table-numero-12/">ici</a></em>.</p>
<p>Là, c&#8217;est la jeune fille et toi qui éclatez de rire.</p>
<p>L&#8217;écureuil  ? Responsable de notre liberté ? La dame, elle est vraiment drôle !</p>
<p>&#8220;Vous  dites qu&#8217;on vous a bien fait rire tout à l&#8217;heure mais maintenant, c&#8217;est  vous qui nous rendez la pareille !&#8221;, tu lui dit un brin railleur.<br />
&#8220;Sans  vouloir vous offenser,&#8221; poursuit la jeune fille, riant toujours, &#8220;vous  êtes depuis trop longtemps en dehors de la société. Vous ne savez plus  du tout ce qui s&#8217;y passe. Et puis je vous vois venir avec vos idées  écolos. Paix sur terre et longue vie aux animaux. On veut tous ça vous  savez, mais il y a une réalité à vivre, là-bas dans ce grand  restaurant.&#8221;</p>
<p>&#8220;Mais alors, pourquoi vous n&#8217;y êtes pas restée ?&#8221;  demande doucement la dame.<br />
<span id="more-1215"></span><br />
Tu vois que la jeune fille, piquée au  vif, fige son sourire, ouvre déjà la bouche pour lui répondre et puis,  au dernier moment, elle se ravise, bouge un peu sur le banc, et  finalement murmure d&#8217;une voix basse.</p>
<p>&#8220;Désolée. Non, je ne veux  pas retourner au restaurant de fous. Mais ici, en dehors, on peut bien  faire ce que l&#8217;on veut, on est libre non ?&#8221;</p>
<p>La dame sourit  affectueusement. &#8220;Ce n&#8217;est pas grave. C&#8217;est la fougue de la jeunesse.  Vous voulez tout, tout de suite. Vos cellules sont en plein  bouillonnement et vous devez exprimer ce trop plein d&#8217;énergie, d&#8217;une  manière ou d&#8217;une autre.&#8221;</p>
<p>Tu interviens. &#8220;Moi ça va. Je n&#8217;ai rien  qui bouillonne.&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est ce que vous pensez. Mais il y aussi un feu en  vous, même si vous pensez que vous êtes plutôt calme et sans ambition  démesurée. Sinon, vous aussi vous seriez resté dans le grand  restaurant.&#8221;</p>
<p>Elle se tourne vers la jeune fille. &#8220;Et puis, ne  pensez pas que je sois juste une sorte d&#8217;écolo-soixante-huitarde  déconnectée du monde. Au contraire, je suis bien ancrée dans notre  société.&#8221;</p>
<p>Vos barquettes sont vides. Silencieusement, Vous  commencez un peu à ranger. L&#8217;après-midi est douce. Discrètement, tu  regardes la jeune fille et tu la trouves de plus en plus jolie. tu  aimerais bien qu&#8217;elle dénoue ses cheveux. Ils ont l&#8217;air très beaux,  tirants sur le roux&#8230; comme un écureuil.</p>
<p>Cette dernière pensée  te fait sourire en silence. La jeune fille le remarque. &#8220;Qu&#8217;est-ce qui  vous fait rire maintenant ?&#8221;</p>
<p>Le rouge te monte au visage. &#8220;Rien,  rien&#8230; juste que&#8230; c&#8217;était un déjeuner agréable.&#8221; Tu essaies de  prononcer ces derniers mots avec détachement, mais le ton de ta voix  trahit une certaine émotion.</p>
<p>La dame se méprend. &#8220;Vous êtes  gentil. Je viens souvent par ici, alors on pourra se revoir.&#8221;</p>
<p>La  jeune fille range sa dernière barquette. &#8220;Oui mais ne pensez pas que  vous allez pouvoir vous échapper comme ça. Vous nous avez posé une  question, sans y répondre vous-même. Votre histoire d&#8217;écureuil et de  liberté, je n&#8217;ai pas compris du tout.&#8221;</p>
<p>La dame hoche de la tête.  &#8220;C&#8217;est vrai, je vous dois une explication.&#8221;</p>
<p>Elle réfléchit un peu  et puis vous regarde. &#8220;Quelle serait la vie idéale pour un écureuil ?&#8221;</p>
<p>Sa  question te surprend. Tu aimerais bien qu&#8217;elle arrête de parler de cet  animal. Car il te fait penser à cette chevelure qui, dénouée doit être  si souple et soyeuse. Et douce au toucher. Tu essaies de te concentrer  sur la question posée mais c&#8217;est vraiment difficile.</p>
<p>Bien sûr, la  jeune fille a déjà une réponse. &#8220;S&#8217;élancer d&#8217;arbre en arbre et  rassembler des noisettes pour l&#8217;hiver.&#8221;</p>
<p>La dame acquiesce. &#8220;Je  suis d&#8217;accord avec vous. Mais alors, que faites-vous du chapardage dans  les barquettes ?&#8221;</p>
<p>&#8220;C&#8217;est un détail, ça ! C&#8217;est parce qu&#8217;on se  trouve justement ici aujourd&#8217;hui. Alors de temps en temps, quand  quelqu&#8217;un vient manger dans le parc, il se sert.&#8221;<br />
&#8220;Pensez-vous que ce  soit bon pour lui ?&#8221;<br />
&#8220;Peut-être&#8230; après tout, il a moins d&#8217;effort à  faire pour manger.&#8221;<br />
&#8220;Et l&#8217;hiver ?&#8221;<br />
&#8220;Il n&#8217;a qu&#8217;à récupérer les  noisettes qu&#8217;il a caché pendant&#8230;&#8221;, tu vois la jeune fille baisser la  tête, comprenant la bêtise qu&#8217;elle allait dire. Dans ses yeux, tu saisis  un brin de colère. Elle n&#8217;aime pas perdre. Elle reprend la parole,  essayant de contrôler sa voix du mieux qu&#8217;elle le peut. &#8220;Tout évolue.  Tout change. C&#8217;est le progrès. L&#8217;homme d&#8217;aujourd&#8217;hui n&#8217;est pas celui  d&#8217;hier. C&#8217;est la même chose pour les écureuils.&#8221;</p>
<p>Tu veux l&#8217;aider.  &#8220;Elle a raison. On ne peut pas stopper l&#8217;évolution.&#8221;</p>
<p>Elle lève  les yeux et te regarde, un tout petit sourire se dessinant sur son  visage. Toi, tu es bien content et tu voudrais bien garder ce moment,  longtemps. C&#8217;est vrai, finalement, vous êtes dans le même camp.</p>
<p>Mais  la dame poursuit. &#8220;Chaque changement de comportement a une cascade de  conséquences. Si l&#8217;écureuil ne cache plus ses noisettes parce qu&#8217;il  compte sur les barquettes, quand arrive l&#8217;hiver, il meurt de faim. De  plus, toutes ces fruits à coque qu&#8217;il dissimule, il n&#8217;en retrouve qu&#8217;une  partie, le reste germant naturellement. Ainsi, il est un peu jardinier,  aidant au renouvellement des forêts.&#8221;</p>
<p>Vu sous cette angle, tu  regrettes presque d&#8217;avoir apporté tes barquettes ici. Alors tu veux  détendre l&#8217;atmosphère. &#8220;De jardinier, il pourrait se transformer en  recycleur de barquettes plastiques !&#8221;, et tu t&#8217;esclaffes bruyamment  devant ton bon trait d&#8217;humour.</p>
<p>Ton rire s&#8217;arrête net dans ta  gorge quand tu vois que la jeune fille hausse les épaules. La dame elle,  te regarde en cherchant à comprendre qu&#8217;est-ce qu&#8217;il y a d&#8217;amusant dans  ce que tu as dit.</p>
<p>Tu veux te racheter. &#8220;Mais alors, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on peut  faire ?&#8221;<br />
&#8220;Je ne sais pas. Tant que nous, êtres  humains, considérerons la liberté de notre seul point de vue, il sera  difficile de modifier la situation.&#8221;</p>
<p>Elle réfléchit une seconde,  puis se décide. &#8220;Peut-être que la liberté, la vraie, ce n&#8217;est pas  l&#8217;indépendance, qui est à mon avis illusoire, mais bien son opposée,  l&#8217;interdépendance.&#8221;</p>
<p>Là, tu as encore du mal à suivre.  Interdépendance et liberté te paraissent complètement différentes. Et la  jeune fille est du même avis. Elle secoue la tête.</p>
<p>&#8220;Qu&#8217;est-ce que vous nous racontez ? C&#8217;est la grande communauté peace and love ?&#8221;</p>
<p>La  dame sourit. &#8220;Vous voulez vraiment me faire passer pour une  nostalgique de l&#8217;époque baba-cool. Imaginez, si vous viviez seule sur  la planète, vous l&#8217;auriez votre indépendance. Mais à partir du moment où  il y a un autre être avec vous, les données changent, vous êtes bien  obligée de le prendre en compte.&#8221;</p>
<p>La jeune fille est batailleuse.  &#8220;Je peux l&#8217;ignorer.&#8221;<br />
&#8220;Et si c&#8217;est un lion ?&#8221;, insiste la dame.<br />
Décidément,  tu te dis qu&#8217;avec elle, c&#8217;est difficile d&#8217;avoir le dernier mot. La  jeune fille aussi s&#8217;en rend compte et fronce les sourcils. &#8220;Si c&#8217;est un  lion, je le mets en cage dans un zoo !&#8221;</p>
<p>Face à vos visages  surpris, elle éclate de rire. &#8220;Non, je plaisante !&#8221;</p>
<p>La dame  reprend. &#8220;Donc quelque soit la nature de cet être, il faut le prendre en  compte. On ne peut l&#8217;ignorer. Il faut passer une sorte de contrat avec  lui. C&#8217;est ça que j&#8217;appelle l&#8217;interdépendance. Une fois votre accord mis  en place, vous êtes plus libre qu&#8217;avant.&#8221;</p>
<p>Nous restons  silencieux quelques instants. Tu as envie de faire un autre trait  d&#8217;humour en lui demandant comment elle fait pour signer un contrat avec  un lion mais, sagement, tu t&#8217;abstiens.</p>
<p>La dame reprend la parole.  &#8220;Peut-être que notre chance réside dans les réseaux sociaux. Nous y  tissons des liens interdépendants qui sont de plus en plus importants.&#8221;<br />
&#8220;Ah,  vous utilisez le net ?&#8221;, tu lui demandes, surpris.<br />
&#8220;J&#8217;ai l&#8217;air si  déconnectée ?&#8221;, elle te répond, du tac au tac.</p>
<p>Tu secoues la  tête, un peu rouge. Elle poursuit.</p>
<p>&#8220;A la table numéro 12, il n&#8217;y a  pas d&#8217;accord. Nous n&#8217;avons pas le choix. Nous ne sommes pas libre. C&#8217;est bien pour  cela que vous êtes partis. Tout comme l&#8217;écureuil qui mange dans les  barquettes, vous auriez dû avaler ce qu&#8217;on vous aurait servi. Souvent,  on finit par s&#8217;habituer, on oublie sa liberté et on devient frustré.&#8221;</p>
<p>Elle  marque un temps d&#8217;arrêt et reprend, d&#8217;une voix qui tremble un peu.</p>
<p>&#8220;On  perd le goût de la vie. On oublie les noisettes. On est soumis.&#8221;</p>
<p>Tu  sens un petit nœud dans ta gorge. Tu regardes la jeune fille. Elle  aussi a senti cet émoi et ses yeux brillent un peu plus.</p>
<p>La dame  soupire, ouvre la bouche pour ajouter quelque chose, quand soudain, venu  de nulle part, quelque chose tombe sur la table, vous faisant tous  sursauter.</p>
<p>C&#8217;est l&#8217;écureuil.</p>
<p>Vous ne bougez pas, tous les  quatre. On dirait qu&#8217;il vous dévisage. Dressé sur ses pattes arrières,  il est étrangement immobile. Il semble d&#8217;ailleurs te fixer avec ses  grands yeux noirs. Tu en serais presque mal à l&#8217;aise. Tu voudrais  pratiquement t&#8217;excuser pour les barquettes, les contrats non-signées,  les caches à noisettes inexistantes.</p>
<p>Il tourne sur  lui-même pour examiner la jeune fille, qui recule un peu. Tu ne serais pas surpris s&#8217;il se  mettait à parler.</p>
<p>Vous  restez ainsi pendant de longues secondes. Cela en devient presque  irréel. Comme si l&#8217;écureuil avait suivi toute la conversation. Comme si,  par sa présence, il voulait donner du poids aux arguments de la dame.</p>
<p>Il  finit par se poser sur ses pattes avant et doucement, sans peur, il  fait le tour de la nappe rouge, sa longue queue rousse ondulant derrière  lui. Il s&#8217;arrête au bord de la table. Il tourne encore une fois la tête  pour vous regarder et d&#8217;un bond, sans bruit, il disparait dans un fourré.</p>
<p>Quelques secondes plus tard, il est à nouveau là-haut, sur sa branche.</p>
<p>(<a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/06/table-numero-12-suiiiite/" target="_blank">suiiiite</a>)</p>
<p>(Photo : <a id="uj5v" title="iamchad" href="http://www.flickr.com/photos/iamchadhearmesnore/">iamchad</a>)</p>
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		<title>Table numéro 12 (suiite)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jun 2010 02:45:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprenti philosophe]]></category>
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		<description><![CDATA[
Cet article est la troisième partie d’une histoire qui a commencé ici.
Tu te retournes, surpris par cette voix légère et tu découvres une jeune  femme, sensiblement de ton âge, qui se tient là debout, elle aussi les  bras chargés de barquettes odorantes.
Tu bondis sur tes pieds.
Parce qu&#8217;elle est belle et que le décor [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1198" title="Le couteau et la fourchette sont-ils faits pour s'entendre ?" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/06/forkandknife.jpg" alt="Le couteau et la fourchette sont-ils faits pour s'entendre ?" width="500" height="333" /></p>
<p><em>Cet article est la troisième partie d’une histoire qui a commencé <a id="j-8s" title="ici" href="../2010/06/2010/05/table-numero-12/">ici</a></em>.</p>
<p>Tu te retournes, surpris par cette voix légère et tu découvres une jeune  femme, sensiblement de ton âge, qui se tient là debout, elle aussi les  bras chargés de barquettes odorantes.</p>
<p>Tu bondis sur tes pieds.</p>
<p>Parce qu&#8217;elle est belle et que le décor du parc en  arrière-plan la fait ressembler à une actrice de film, tes genoux  refusent de se plier lorsque tu tentes de te rasseoir. Tu es vraiment  impressionné et quand tu es impressionné, tu ne sais plus parler.<br />
<span id="more-1197"></span><br />
Heureusement,  la dame aux cheveux blancs vient à ton secours. &#8220;Bien sûr,  asseyez-vous. Nous avons presque fini mais nous avons le temps.&#8221;</p>
<p>&#8220;Merci  bien,&#8221; répond la jeune fille  en faisant le tour de la table, laissant  derrière elle un parfum frais. Pourtant, elle est habillée d&#8217;un tailleur  pantalon foncé assez strict. Ses cheveux sont noués en queue de cheval.</p>
<p>Pendant  que tu continues à la fixer, finalement, tes genoux ont accepté de se  replier et tu te rassois sans faire de bruit, un peu rigide.</p>
<p>&#8220;Vous  avez l&#8217;air affamée,&#8221; lui dit la dame.</p>
<p>En  effet, la jeune fille a déjà déballé ses barquettes et a commencé son  déjeuner. Sans parler, la bouche pleine, elle hoche de la tête et  continue à piocher avec sa fourchette, à droite à gauche.</p>
<p>&#8220;Vous  êtes nouvelle par ici ?&#8221;, insiste gentiment la dame.</p>
<p>La jeune  fille, tout en poursuivant son ballet culinaire, te pointe du doigt.</p>
<p>Tu  es surpris. &#8220;Mais je ne vous connais pas, moi !&#8221;</p>
<p>Elle finit par  s&#8217;arrêter de manger, s&#8217;essuie les coins de la bouche et te regarde  résolument. &#8220;Tout à l&#8217;heure, j&#8217;étais à la table 22, juste derrière vous.  J&#8217;ai vu avec quelle audace vous vous êtes levé et vous êtes sorti de ce  restaurant de fous. Je me suis dit que je pourrais faire de même, et  voilà.&#8221;</p>
<p>Elle reprend son grignotage.</p>
<p>Tu ne sais pas quoi  répondre.</p>
<p>Elle s&#8217;arrête, te regarde à nouveau et te décoche un  sourire digne de cette actrice de grand film.</p>
<p>&#8220;Alors, merci !&#8221;</p>
<p>Elle  a déjà repris son rythme &#8211; elle mange tout le temps ? &#8211; et toi tu  bafouilles quelques formules de politesse.</p>
<p>La dame aux cheveux  blancs vous regarde tous les deux, sans mot dire.</p>
<p>&#8220;Vous pensez à  quoi ?&#8221;, tu lui demandes.</p>
<p>Elle sort de sa rêverie. &#8220;Je me disais  que cela faisait bien longtemps que je n&#8217;avais pas eu le plaisir de  partager mon déjeuner avec deux personnes comme vous.&#8221;<br />
&#8220;D&#8217;habitude  vous mangez seule ?&#8221;<br />
&#8220;Non, j&#8217;ai souvent de bons amis que je retrouve à  différents endroits mais deux nouveaux, en une fois, cela ne m&#8217;était  jamais arrivé.&#8221;</p>
<p>Elle réfléchit un peu. &#8220;Peut-être que quelque  chose est en train de changer dans l&#8217;esprit des nouvelles  générations&#8230;&#8221;</p>
<p>A ce moment-là, la jeune fille pousse un petit  cri. &#8220;Oh, un écureuil vient de me chiper le restant de ma barquette !&#8221;</p>
<p>La  dame et toi, vous vous regardez et vous éclatez de rire ce que, bien  sûr, la jeune fille ne peut comprendre. Pour confirmation, vous levez la  tête vers la même branche que tout à l&#8217;heure et effectivement,  l&#8217;écureuil est là, satisfait, en train de grignoter sa nouvelle prise.</p>
<p>&#8220;On  le connait,&#8221; précises-tu, &#8220;il est déjà passé faire son marché.&#8221;<br />
&#8220;Ah,  il est libre comme l&#8217;air, lui. Il en a de la chance,&#8221; conclut la jeune  fille.</p>
<p>La dame tapote de la main sur la table. &#8220;Non, il n&#8217;est pas  libre. S&#8217;il l&#8217;était vraiment, il ne viendrait pas se servir dans notre  déjeuner.&#8221;<br />
&#8220;Mais si. Il est libre,&#8221; insiste la jeune fille, &#8220;il fait  ce qu&#8217;il veut. Et donc si l&#8217;envie lui en prend, il vient se servir pour  calmer une petite faim, c&#8217;est tout.&#8221;</p>
<p>Tu sens que ces deux-là ont  de la suite dans les idées. Tu tentes de faire diversion.</p>
<p>&#8220;Je  peux goûter ?&#8221;, tu demandes à la jeune fille, en pointant du doigt l&#8217;une  de ses barquettes.<br />
&#8220;Oui, bien sûr, finissez-là,&#8221; répond-elle avant  d&#8217;immédiatement reporter son attention vers la dame.  &#8220;Je ne vois pas en quoi il n&#8217;est pas libre cet écureuil. Peut-être que  vous pourriez nous expliquer votre point de vue ?&#8221;</p>
<p>Le &#8220;nous&#8221; te  plait et te déplait. Cela veut dire qu&#8217;elle te considère déjà comme un ami, un copain, ce qui te ravit mais, en même temps, cela veut dire  qu&#8217;elle croit que vous partagez la même idée. Ce qui est loin d&#8217;être  vrai. Pour être franc, tu ne sais pas trop quoi penser de cette histoire  d&#8217;écureuil libre ou pas libre. Est-ce bien important ?</p>
<p>La dame  passe la main dans les mèches de ses cheveux blancs, coupés courts et  stylés, avant de se lancer.</p>
<p>&#8220;Dans notre monde actuel,  qu&#8217;est-ce que cela signifie pour vous, être libre ?&#8221;</p>
<p>Tu n&#8217;aimes  pas la direction qu&#8217;est en train de prendre la discussion. Mais la jeune  fille a l&#8217;air d&#8217;adorer ça. Ses yeux brillent un peu.</p>
<p>&#8220;Être  libre, c&#8217;est simple, c&#8217;est pouvoir faire ce qu&#8217;on veut quand on veut,&#8221;  répond-elle avec enthousiasme.</p>
<p>La dame tourne la tête dans ta  direction, comme pour t&#8217;encourager. La jeune fille, elle aussi, te fixe intensément.</p>
<p>Toi, tu voulais juste manger tranquillement. Tu ne  pensais pas devoir passer sur le grill. Libre, libre ? Tu ne t&#8217;es jamais  vraiment posé la question. Tu voudrais avoir plus de temps pour  réfléchir, utiliser un joker, appeler ton renfort mais apparemment, avec  ces deux-là, il faut aller vite.</p>
<p>&#8220;Libre ? c&#8217;est quand personne  ne m&#8217;embête.&#8221; Et tu insistes sur la fin de la phrase.</p>
<p>La jeune  fille est prompte à réagir. &#8220;C&#8217;est pas la liberté ça, c&#8217;est juste être  capricieux.&#8221;</p>
<p>Tu fronces les sourcils, mécontent.</p>
<p>&#8220;Là, vous  voyez,&#8221; insiste-t-elle d&#8217;un ton légèrement moqueur, &#8220;vous faites la  moue,&#8221; et elle rit de bon cœur.</p>
<p>Toi, tu ne sais plus  quelle expression mettre sur ton visage.</p>
<p>&#8220;Je ne suis pas d&#8217;accord  avec vous,&#8221; enchaine la dame, &#8220;sa définition est aussi bonne que la  vôtre.&#8221;</p>
<p>La jeune fille est surprise. &#8220;Comment ça? Avec ma  définition, je veux avancer, bouger, créer, progresser. Avec la sienne,  c&#8217;est plus la stagnation qu&#8217;autre chose.&#8221;</p>
<p>Tu le prends mal.  &#8220;Dites, depuis quand vous décidez pour les autres de ce qui est juste ou  pas ?&#8221;<br />
&#8220;Je ne décide rien. C&#8217;est le principe même de la vie. Elle  n&#8217;est pas immobile. Il faut bien se développer, sinon à quoi ça sert de  vivre ? Vous, vous voulez juste qu&#8217;on ne touche pas à votre petite  personne !&#8221;<br />
&#8220;Arrêtez de faire des suppositions ! Je n&#8217;ai jamais dit  que je ne ferais rien !&#8221;, tu réponds en t&#8217;emportant un peu.<br />
&#8220;D&#8217;accord,  ne montez pas sur vos grands chevaux ! Restez dans votre coin, si c&#8217;est  ce que vous voulez.&#8221;</p>
<p>Irrité par son ton un brin dédaigneux, tu  vas pour la remettre en place lorsque tu entends des rires étouffés.  Vous vous tournez tous les deux et vous découvrez la dame, la main sur  la bouche et les yeux humides, hoquetant un peu.</p>
<p>&#8220;Vous trouvez ça amusant ?&#8221;, tu lui demandes.</p>
<p>Toujours la bouche couverte, elle  fait non de la tête mais il lui faut quand même une bonne minute pour  retrouver son air de dignité.</p>
<p>&#8220;Ah, merci à tous les deux, pour ce  petit moment de bonheur. L&#8217;Histoire de la liberté résumée en 30  secondes.&#8221;</p>
<p>Elle pouffe encore un peu, puis reprend la parole, en  douceur.</p>
<p>&#8220;Vous posez tous les deux la liberté par rapport à vous  et vous seuls.&#8221;</p>
<p>Elle fait une pause.</p>
<p>&#8220;Et si en fait, être  libre ça n&#8217;avait rien à voir avec votre petite personne ? Et si cela  dépendait plus de lui ?&#8221;</p>
<p>Du doigt elle pointe l&#8217;écureuil  chapardeur tranquillement assis sur sa branche, immobile.</p>
<p>(<a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/06/table-numero-12-suiiite/" target="_blank">Suiiite</a>)</p>
<p>(Photo :  <a id="s2j9" title="jenny downing" href="http://www.flickr.com/photos/jenny-pics/">jenny downing</a>)</p>
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		<title>Table numéro 12 (suite)</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Jun 2010 05:59:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprenti philosophe]]></category>
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Cet article est la deuxième partie d&#8217;une histoire qui a commencé ici.
Tu es dehors.
Tu as  faim, tu ne sais pas quoi faire mais tu es libre.
Tu as toujours  un peu d&#8217;angoisse, pourtant tu te sens bien mieux car tu n&#8217;aurais pas pu  manger ce qu&#8217;il y avait dans ton assiette, là-bas. Tu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1184" title="Les goûts et les couleurs..." src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/06/spoon.jpg" alt="Les goûts et les couleurs..." width="500" height="500" /></p>
<p><em>Cet article est la deuxième partie d&#8217;une histoire qui a commencé <a id="j-8s" title="ici" href="../2010/05/table-numero-12/">ici</a></em>.</p>
<p>Tu es dehors.</p>
<p>Tu as  faim, tu ne sais pas quoi faire mais tu es libre.</p>
<p>Tu as toujours  un peu d&#8217;angoisse, pourtant tu te sens bien mieux car tu n&#8217;aurais pas pu  manger ce qu&#8217;il y avait dans ton assiette, là-bas. Tu fais quelques pas dans la  rue, un peu étourdi par la lumière. Brusquement tu t&#8217;arrêtes, stupéfait.</p>
<p>Tu  n&#8217;en reviens pas&#8230; il y a d&#8217;autres restaurants. Plein d&#8217;autres  restaurants.<br />
<span id="more-1183"></span></p>
<h3>Contre-manœuvre</h3>
<p>Oh, pas des grands comme  des usines, à l&#8217;image de celui que tu viens de quitter. Non, plutôt des  petits bistrots. Il y a même là, tout près, une femme souriante qui  propose de la cuisine faite maison. Tu t&#8217;approches. Ça sent bon. Elle te  propose de goûter. Tu es surpris. Elle te répond que seuls ceux qui  n&#8217;ont pas confiance en leurs recettes ne le font pas. C&#8217;est logique, non  ?</p>
<p>Tu hoches de la tête tout en te délectant de sa cuisine  odorante et colorée qu&#8217;elle vient de t&#8217;offrir. Tu décides immédiatement  d&#8217;en acheter &#8211; à emporter. Et tu continues. Tu rentres dans différents  petits restos et à chaque fois, tu goûtes et tu en prends une barquette,  si tu aimes.</p>
<p>Maintenant tes bras sont chargés. Tu marches, tu  marches mais malgré tous ces trésors aux arômes subtils tu ne sais pas  où aller pour manger. Retourner au grand restaurant de fous ? Pas  question !</p>
<p>Après avoir longé la rue pendant un certain temps, au  loin, tu aperçois un parc et, plus tu t&#8217;en rapproches et plus une  sensation de calme t&#8217;envahit. Un petit vent fait bruisser la cime des  arbres et en dessous l&#8217;ombre est plaisante. Tu remarques quelques tables  de pique-nique. Tu te dis que tu as bien de la chance, que c&#8217;est  parfait pour déguster toutes ces bonnes choses qui commencent à peser.</p>
<p>Tu  t&#8217;installes, déballes tes barquettes et commences à goûter à tout. Là,  c&#8217;est comme un feu d&#8217;artifice de saveurs fougueuses dans ta bouche.  Certaines sont succulentes, d&#8217;autres plus sucrées ou alors un  peu amères mais nulles ne te laissent indifférent. Tu tâches de te  souvenir de celles qui te plaisent le plus pour pouvoir en racheter.  Quel contraste avec la table numéro 12 !</p>
<h3>Manœuvrabilité</h3>
<p>Alors  que tu croques à pleine dents des fruits plus savoureux les uns que les  autres, en te disant que c&#8217;est ça la vie, derrière toi, une voix te  fait sursauter. Tu te retournes, surpris, pour découvrir à une autre  table que tu n&#8217;avais pas remarqué, une dame d&#8217;un certain âge. Mais pas  une vieille ou un vieux aigri comme il y en avait dans le restaurant de  fous avec leurs visages tristes et gris. Non cette femme, malgré ses  rides et ses cheveux blancs, respire la douceur et l&#8217;élégance. Elle te  parle.</p>
<p>&#8220;On est bien ici, non ?&#8221;<br />
&#8220;Oui, oui&#8230; je ne connaissais  pas.&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est la première fois ?&#8221;<br />
&#8220;Ben oui&#8230;&#8221;<br />
&#8220;Alors soyez le  bienvenu ! Vous allez voir, vous reviendrez ici. C&#8217;est très relaxant.&#8221;</p>
<p>Elle  te regarde plus en détail.</p>
<p>&#8220;On dirait aussi que c&#8217;est la première fois que vous  mangez seul.&#8221;<br />
&#8220;Oui, c&#8217;est vrai, enfin une des premières&#8230;&#8221;<br />
&#8220;Ça fait du bien  de pas avoir tout le temps la famille derrière, non ?&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est sûr,  c&#8217;est&#8230; c&#8217;est&#8230;&#8221;<br />
&#8220;&#8230;déstabilisant ?&#8221;</p>
<p>Tu hoches la tête,  silencieux.</p>
<p>Elle te montre une de ses barquettes.</p>
<p>&#8220;Vous  voulez essayer ?&#8221;<br />
&#8220;Euh&#8230; oui.&#8221;<br />
&#8220;C&#8217;est très bon. C&#8217;est mon plat  favori, celui qui me donne le plus d&#8217;énergie. Goûtez et si vous aimez,  je vous en donnerai l&#8217;adresse.&#8221;</p>
<p>Tu t&#8217;approches de sa table qui est à moitié recouverte d&#8217;une fine nappe rouge et jaune. D&#8217;un petit panier,  elle sort d&#8217;autres couverts en métal aux lignes élancées, juste pour  toi.</p>
<p>&#8220;Manger avec du plastique, c&#8217;est moins bon.&#8221;<br />
&#8220;Merci.&#8221;<br />
&#8220;Et  vous ?&#8221;<br />
&#8220;Et moi ?&#8230; quoi ?&#8221;<br />
&#8220;Vous n&#8217;avez rien à me proposer ?&#8221;</p>
<p>Tu  bafouilles un peu.</p>
<p>&#8220;Ah, pardon !&#8230; je&#8230; tenez, ça là j&#8217;aime  bien. Le goût est très spécial mais en plus les couleurs sont sympa, ça  s&#8217;harmonise bien.&#8221;<br />
&#8220;Merci beaucoup. C&#8217;est vrai que ça à l&#8217;air particulier. Asseyez-vous donc.&#8221;</p>
<p>Dans le silence des arbres qui  bruissent, vous goûtez à vos plats échangés. Le sien est un peu épicé.  Elle te voit devenir tout rouge.</p>
<p>&#8220;Vous aimez le piment ?&#8221;<br />
&#8220;Oui  c&#8217;est bon mais là c&#8217;est un peu fort !&#8221;</p>
<p>Elle sourit gentiment.</p>
<p>&#8220;C&#8217;est  parce que vous n&#8217;êtes pas habitué. Mais ça viendra.&#8221;</p>
<p>Tu préfères  détourner la conversation.</p>
<p>&#8220;Alors, et mon plat ?&#8221;</p>
<p>Elle  garde la cuillère dans la bouche quelques secondes, les yeux fermés,  avant de les rouvrir.</p>
<p>&#8220;Hé bien, c&#8217;est nouveau pour moi ce goût.  C&#8217;est vraiment exquis ! J&#8217;adore et il va falloir me donner l&#8217;adresse.&#8221;</p>
<p>Tu  t&#8217;empresses de la lui passer en lui posant une question qui te brûle  les lèvres.</p>
<p>&#8220;Ça fait longtemps que vous venez ici ?&#8221;<br />
&#8220;Oui  très, mais il n&#8217;y a pas qu&#8217;ici qui est bien. J&#8217;ai mes petits coins que  je vous ferai découvrir, si vous le voulez.&#8221;</p>
<p>Tu hoches rapidement  de la tête.</p>
<h3>Chef-d&#8217;œuvrabilité</h3>
<p>De sous ta table que  tu viens de quitter, un écureuil apparait, qui a senti un festin. En  trois mouvements, il bondit jusqu&#8217;à une de tes barquettes, en chipe le  contenu et se jette dans les fourrés pour réapparaitre, un peu plus  haut, sur la branche d&#8217;un arbre, tranquille, grignotant son butin.</p>
<p>Toujours  assis à côté d&#8217;elle, tu as à peine eu le temps de pousser un petit cri.  Elle, ça la fait bien rire. Tu la regardes, un peu surpris.</p>
<p>&#8220;Parfois  on gagne, parfois on perd,&#8221; dit-elle, rieuse. &#8220;Mais au final,  toutes ces bonnes choses ne nous appartiennent pas. Elles sont à tous et  à toutes. Alors on peut les partager.&#8221;</p>
<p>Tu inclines la tête d&#8217;un  air entendu mais intérieurement, tu n&#8217;es pas sûr d&#8217;avoir bien saisi.  Elle ne dit rien d&#8217;autre, continuant à piquer avec appétit dans ses  différentes barquettes, son attention retournant toujours vers l&#8217;écureuil.</p>
<p>Ton regard se promène sur sa table, en chêne épais, usée par des décennies  de soleil et de pluie, quand soudain, juste à côté du pli de la nappe, tu remarques, à peine visibles, les chiffres 1 et 2  gravés maladroitement à même le bois. Choqué, tu les pointes du doigt,  sans pouvoir parler. Elle suit ta main du regard et en voyant ce numéro presque effacé par le temps, elle marque un petit temps de surprise avant qu&#8217;un sourire nostalgique ne se dessine sur son visage.</p>
<p>&#8220;Ah,  ça ? C&#8217;est une longue histoire. C&#8217;était le numéro de la table qui  m&#8217;était destinée dans mon premier grand restaurant. Ils ont voulu me  faire &#8220;bouffer&#8221; un truc immonde mais j&#8217;ai claqué la porte. Heureusement !  Alors pour ne jamais oublier ce à quoi j&#8217;avais échappé et comme j&#8217;étais un  peu rebelle, j&#8217;ai pris un couteau et voilà, je l&#8217;ai gravé dans ma  mémoire !&#8230; je ne suis jamais retourné à la table 12 et cela a été la  meilleure décision de ma vie.&#8221;</p>
<p>Toi, tu as le cœur qui bat  maintenant un peu plus vite.</p>
<p>Tu veux lui dire là tout de suite,  que toi aussi, juste avant, tu y étais à la numéro 12 mais qu&#8217;également,  tu t&#8217;en es échappé et que tu commences à en être très fier.</p>
<p>Tu veux  lui dire plein de choses, lui poser plein de questions sur les goûts et  les couleurs mais tu n&#8217;en as pas le temps car, derrière vous, une voix,  fraiche et féminine, vous interrompt.</p>
<p>&#8220;Est-ce que je peux me  joindre à vous ?&#8221;</p>
<p>(<a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/06/table-numero-12-suiite/" target="_blank">Suiite</a>)</p>
<p>(Photo : <a id="iba:" title="jenny  downing" href="http://www.flickr.com/photos/jenny-pics/">jenny downing</a>)</p>
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		<title>Table numéro 12</title>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 03:55:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Cher étudiant,
Te voilà donc pratiquement à la fin de tes études.  Tu as choisi la voie scolaire que tu désirais. Tu as vraiment aimé en  suivre les cours. Ou tu as choisi cette filière parce que c&#8217;est ce  que ton entourage te recommandait. Alors, tu t&#8217;es appliqué et à force de  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1162" title="Vous êtes plutôt fourchette ou couteau ?" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/05/forksandknives.jpg" alt="Vous êtes plutôt fourchette ou couteau ?" width="500" height="500" /></p>
<p>Cher étudiant,</p>
<p>Te voilà donc pratiquement à la fin de tes études.  Tu as choisi la voie scolaire que tu désirais. Tu as vraiment aimé en  suivre les cours. Ou tu as choisi cette filière parce que c&#8217;est ce  que ton entourage te recommandait. Alors, tu t&#8217;es appliqué et à force de  révisions tard dans la nuit, tu t&#8217;en es sorti.</p>
<p>Tu t&#8217;es alors mis  à mieux respirer en te disant que le plus dur était fait et qu&#8217;à présent, la vie, la vraie vie allait commencer. Cette existence que  jusqu&#8217;à maintenant tu ne connais vraiment que par ce qu&#8217;on t&#8217;en a  raconté, par ce que tu as vu au cinéma ou la télé. Bon, cela parait un  peu le bazar mais enfin, tu vas être libre !</p>
<p>Et puis ensuite, tu  as réalisé que tu allais devoir faire un autre choix. Que tout ce que tu  avais choisi jusqu&#8217;à maintenant c&#8217;était facile. La musique que tu  aimes, l&#8217;équipe de foot que tu soutiens ou que tu détestes, ton chanteur favori, le copain ou  la copine à qui tu avais décidé de plaire, les vêtements que tu portes,  le style de ta coupe de cheveux.</p>
<p>Maintenant tu vas devoir faire  le soi-disant plus important choix de ta vie : ton job.<br />
<span id="more-1161"></span></p>
<h3>Gros-œuvre</h3>
<p>Alors  je te recommande de bien paniquer, là tout de suite. Pousse un grand  cri, tape dans le mur, casse des assiettes, pleure un bon coup, hurle de  désespoir car, en effet il y a de quoi être désespéré.</p>
<p>On te  demande de choisir une voie. En même temps, la situation économique est  de plus en plus catastrophique (vas-y, tape du poing sur la table), les  entreprises ferment (balance ta chaise sur le mur), le pessimisme est  partout (tiens, prends la boite de Kleenex), il n&#8217;y a plus de sécurité  d&#8217;emploi (jette la PS3 par la fenêtre&#8230; non, jette le manuel de la PS3  par la fenêtre) et de toi, on exige un choix. Qui, te dit-on, va  influencer toute ta vie.</p>
<p>Personne t&#8217;avait prévenu. Il est loin le  temps de l&#8217;Onisep et de ses fiches métiers où avec une conseillère  souriante, tu choisissais une voie, ta voie, dans un menu où toutes les  professions ressemblaient à des promesses de succès. Maintenant, il n&#8217;y a  plus de menu déroulant des carrières sur un écran d&#8217;ordinateur.</p>
<p>La  serviette est déjà déroulée. Le plat est déjà servi.</p>
<p>Dans ton  assiette tu as un truc auquel tu n&#8217;as jamais réellement goûté.</p>
<p>Ta  vie.</p>
<p>Et on te dit de la croquer à pleines dents.</p>
<h3>Hors-d&#8217;œuvre</h3>
<p>Là,  tu te sens trahi, comme piégé. Tu es assis à ta petite table &#8211; numéro  12, c&#8217;est écrit dessus &#8211; tout seul dans ce grand restaurant et tu vas  devoir manger ce truc que tu ne connais pas, pour le restant de tes  jours. Et si c&#8217;était pas bon ? La panique t&#8217;envahit. La bonne grosse  panique quand tu comprends que quelque chose dans ton existence est en  train de se refermer &#8211; ton enfance, douillette &#8211; pour te jeter dans un  monde inconnu.</p>
<p>Alors tu regardes encore ton assiette. Tu saisis  ta fourchette et tâte un peu la chose informe qui semble baigner dans  une sauce épaisse. Tu hésites.</p>
<p>Tu regardes autour de toi. Le  restaurant semble bourdonner comme une ruche avec tous ces serveurs qui  courent dans tous les sens et se faufilent entre les tables, serrées les  unes très près des autres. Il semble d&#8217;ailleurs que tout le monde mange  avec appétit. Tiens, à ta gauche, il y ce type qui grignote avec  délicatesse, sans bruit, en découpant sa viande comme avec un scalpel.  Il est en paix, il sait ce qu&#8217;il fait lui. Il est chirurgien.</p>
<p>A  ta droite, il y a un autre gars mais il est plutôt en train de se  goinfrer. Il en met trop dans sa bouche. Ça déborde un peu à la  commissure de ses lèvres. Vos regards se croisent. Il te lance un grand  sourire ce qui fait couler de la sauce sur son menton et gonfler un peu plus ses  joues. Il a l&#8217;air heureux aussi, mais  tu vois bien dans son regard qu&#8217;il se force, qu&#8217;il va faire une  indigestion, qu&#8217;il va finir par tout rendre. Il ne pourra bientôt plus  gerber ce qu&#8217;il fait dans la vie.</p>
<p>Ton regard revient sur ta table. La numéro  12. Car après tout, c&#8217;est là que c&#8217;est le plus important. Pas ce que  mangent les autres.</p>
<h3>Main-d&#8217;œuvre</h3>
<p>Tu remarques qu&#8217;il y  a un menu. Ah bon ? Alors on est pas obligé de manger ce qui est déjà  servi ? Tu lèves ta main pour faire signe à un garçon. Personne ne vient. Et  pourtant, il sont là qui s&#8217;agitent, glissant le long des tables. Tu  essaies d&#8217;en appeler un mais aucun ne daigne s&#8217;arrêter. Ça peut durer  longtemps, très longtemps ce manège et tu risques de mourir de faim.</p>
<p>Finalement,  après plusieurs hésitations, tu en attrapes un fermement par le bras.  Surpris, il te regarde et te demande s&#8217;il y a un problème avec ton plat.  Tu dis que tu veux en changer. Il te répond que ce n&#8217;est pas possible,  que le cuisinier est débordé. Que tu dois manger ce qu&#8217;il y a dans ton  assiette, c&#8217;est ce que tu as choisi. C&#8217;est ce que tu as commandé.</p>
<p>Tu  hésites, Tu ne te souviens pas avoir commandé ce truc ou alors c&#8217;était  il y a très longtemps, c&#8217;est vieux, comme ce qu&#8217;il y a dans ton  assiette. Le serveur tire sur sa manche pour se libérer mais tu le  retiens, car toi tu n&#8217;as pas envie de te nourrir de ce même plat sans goût  toute ta vie. Il te vient une idée.</p>
<p>Prenant ton courage à deux  mains, tu lui expliques, en essayant d&#8217;assurer ta voix, que si tu ne  peux pas changer de plat, tu vas te lever et quitter ce restaurant nul  pour aller manger ailleurs. A ces mots, le serveur éclate de rire, un  rire halluciné et lance à la cantonade, qu&#8217;il y en a encore un qui se  fait des illusions à la table 12, un qui veut changer de crèmerie !</p>
<p>Tout  le restaurant interrompt sa ronde frénétique une demi-seconde avant de  partir dans un grand rire hystérique, les serveurs pliés et les convives  tapant du poing sur la table tellement c&#8217;est amusant. Ton voisin de  gauche, toujours très digne, glousse, la bouche fermée alors que celui  de droite en perd son contrôle, laissant échapper, entre deux  hoquets, des petits bouts informes à moitié mastiqués.</p>
<p>Ton serveur,  encore secoué par des rictus, te confie qu&#8217;à chaque fois, c&#8217;est la même  chose, ça proteste un peu mais ça finit par manger ce qu&#8217;il y a dans son  assiette, sans rechigner. Et &#8220;ça&#8221;, c&#8217;est toi.</p>
<h3>Chef-d&#8217;œuvre</h3>
<p>Est-ce  la chaleur ? Est-ce le délire ambiant ? Est-ce le souvenir de cet oncle  qui t&#8217;a encouragé sur ton premier vélo ? Est-ce la phrase de ce prof  qui t&#8217;as dit qu&#8217;il croyait en toi ?</p>
<p>Dans ton cœur, il y a un  déclic. Tu ne manges pas de ce pain là. Tu te surprends à te lever de ta chaise et à marcher. Tu titubes un peu &#8211;  ça faisait longtemps que tu étais assis &#8211; mais avec chaque pas vers la  sortie tu gagnes en assurance. Toujours sous les rires qui semblent  devenir envieux &#8211; ou est-ce ton imagination ? &#8211; tu te mets à avancer plus  vite, puis à courir vers la sortie.</p>
<p>Au moment, où tu atteins la  porte d&#8217;entrée, tu entends derrière toi une voix qui lance &#8220;La table 12  est libre. Suivant !&#8221;. D&#8217;un coup, la porte s&#8217;ouvre et tu manques de  percuter un homme aussi jeune que toi. Son visage est plein d&#8217;espoir, il  a les yeux brillants et il s&#8217;empresse d&#8217;aller prendre ta place. En sortant, tu  vois que dehors, il y a une immense file de garçons et de filles de  ton âge qui eux aussi attendent une table. Ils ont l&#8217;air impatients.</p>
<p>Et  tu te prends à douter.</p>
<p>Presque à regretter la table 12.</p>
<p>Tu te demandes, quel est ton problème.</p>
<p>(<a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/06/table-numero-12-suite/" target="_blank">Suite</a>)</p>
<p>(Photo  : <a id="ic5j" title="jenny downing" href="http://www.flickr.com/photos/jenny-pics/">jenny downing</a>)</p>
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		<item>
		<title>Le passé devant soi</title>
		<link>http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/05/le-passe-devant-soi/</link>
		<comments>http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/05/le-passe-devant-soi/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 May 2010 02:59:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Changer les règles]]></category>
		<category><![CDATA[aymara]]></category>
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		<category><![CDATA[decider]]></category>
		<category><![CDATA[evo morales]]></category>
		<category><![CDATA[futur]]></category>
		<category><![CDATA[passé]]></category>

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Emporté par le tourbillon de notre vie qui se déroule à vitesse grand V,  nous prenons peu de temps pour nous questionner sur ce que nous  faisons, sur nos actions, sur nos objectifs. Pourtant, nous le savons  tous et toutes, nous y gagnerions à nous poser pendant une matinée ou  une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1157" title="Avez-vous déjà couru dans un champ de blé ? C'est quelque chose d'unique ! Attention au fermier quand même..." src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/05/wheat.jpg" alt="Avez-vous déjà couru dans un champ de blé ? C'est quelque chose d'unique ! Attention au fermier quand même..." width="500" height="333" /></p>
<p>Emporté par le tourbillon de notre vie qui se déroule à vitesse grand V,  nous prenons peu de temps pour nous questionner sur ce que nous  faisons, sur nos actions, sur nos objectifs. Pourtant, nous le savons  tous et toutes, nous y gagnerions à nous poser pendant une matinée ou  une après-midi et tranquillement analyser nos buts &#8211; si nous en  possédons &#8211; ou alors en créer.</p>
<p>Nous pourrions aussi, à ce  moment-là, réfléchir sur notre passé pour éviter de faire les mêmes  erreurs dans le futur. Ce dernier exercice est d&#8217;ailleurs plus difficile  à réaliser qu&#8217;il n&#8217;y parait. Combien de fois avons-nous fait les mêmes  bêtises, encore et encore ? Combien de fois avons nous choisi le même  genre de job qui ne nous convient pas, le même type de relation qui se  termine mal, les mêmes circonstances qui vont nous faire retomber dans  les mêmes problèmes ?</p>
<p>Serions-nous si peu perspicaces ?<br />
<span id="more-1156"></span></p>
<h3>Rétroviseur</h3>
<p>En  Amérique du sud, dans les Andes, vit un peuple amérindien, les Aymaras,  bien plus ancien que les Incas, par exemple. Ils ont dans leur façon  d&#8217;exprimer les choses, une caractéristique particulière. Lorsqu&#8217;ils  parlent du passé, ils pointent du doigt vers l&#8217;avant et lorsqu&#8217;ils  s&#8217;expriment sur le futur, ils indiquent l&#8217;arrière. Comment est-ce  possible ?</p>
<p>Pour nous, nos objectifs sont devant nous, pas  derrière. Lorsque l&#8217;on regarde nos buts, on fixe l&#8217;avant. Pour les  Aymaras, dont est issu l&#8217;actuel président bolivien Evo Morales, le  passé, ce sont les choses que l&#8217;on connait, dont on se souvient, donc  que l&#8217;on peut voir et qui sont devant nous. Le futur, cet inconnu, on ne  sait pas exactement de quoi il sera fait, on ne peut le voir &#8211; sauf si  vous êtes devin <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  &#8211; et se trouve donc derrière nous.</p>
<p>Lorsque  j&#8217;ai découvert ça, il m&#8217;a fallu un temps pour bien comprendre et  imaginer le futur derrière et le passé devant. Mais, au bout d&#8217;un  moment, ce jeu sur les mots, cette idée, me sont apparus logiques et  intéressants.</p>
<h3>Téléviseur</h3>
<p>En effet, avoir son passé  devant soi, qu&#8217;est-ce que ça peut bien vouloir signifier si on n&#8217;est pas  un natif des Andes ? Cela veut dire que ce que l&#8217;on prend en exemple  est ce que l&#8217;on voit, ce que l&#8217;on connait, ce que l&#8217;on peut répéter,  avec toutes les conséquences que cela implique.</p>
<p>Et puis, avoir le  passé devant soi, c&#8217;est confortable, c&#8217;est rassurant. On n&#8217;a plus à  prendre de risques, à se lancer, à oser, on peut juste s&#8217;installer dans  un sofa confortable, la télécommande à la main, et repasser en boucle  sur l&#8217;écran les meilleurs moments de son passé en se disant, &#8220;ah,  c&#8217;était pas si mal !&#8221;.</p>
<p>C&#8217;est justement ce &#8220;pas si mal&#8221; qui nous  fait du tort.</p>
<p>Car juste derrière nous, il y a toute notre  collection de DVD, les films de notre futur, ceux qui sont arrivés par  la poste et que l&#8217;on a pas encore vu. On n&#8217;ose pas ouvrir les boites et  les mettre dans le lecteur. Que va-t-on découvrir ? Sera-t-on déçu ? Ou  au contraire ébloui ?</p>
<p>Cela vaut-il la peine de prendre le risque ?  Ce que nous voyons maintenant, devant nous, sur l&#8217;écran, n&#8217;est  peut-être pas le meilleur du monde mais au moins on connait. C&#8217;est &#8220;pas  si mal&#8221;. On l&#8217;a vu 100 fois ce film. On en a mémorisé toutes les  répliques et au fond de nous-même, il nous rassure. On est en terrain  connu. C&#8217;est nous. Maintenant.</p>
<p>Mais derrière ?</p>
<h3>Catalyseur</h3>
<p>Alors, qu&#8217;il nous suffirait de tendre la main, d&#8217;attraper derrière le sofa un de  ces nouveaux DVD et nous remarquerions que le titre est alléchant. En plus, on  se rendrait compte que le programme est en haute définition, donc de  bien meilleure qualité. Et puis, dès que nous appuierions sur le bouton  &#8220;play&#8221; nous serions emportés dans une histoire, notre histoire, qui nous  ferait oublier qui nous sommes maintenant, pour nous plonger avec le  héros ou l&#8217;héroïne dans ce que nous pourrions devenir.</p>
<p>Les plus  fameuses répliques de ces films ?</p>
<p>&#8220;Je vais changer de métier.&#8221;<br />
&#8220;J&#8217;ai  décidé de partir.&#8221;<br />
&#8220;J&#8217;ai fait mon choix.&#8221;<br />
&#8220;Pardon.&#8221;<br />
&#8220;A partir  d&#8217;aujourd&#8217;hui je me lèverai tôt.&#8221;<br />
&#8220;J&#8217;ai décidé de ne plus me plaindre  mais d&#8217;agir !&#8221;<br />
&#8220;La vie vaut la peine d&#8217;être vécue et je vais honorer  la mienne.&#8221;<br />
&#8220;Merci !&#8221;</p>
<p>Ce seraient des répliques inoubliables  pour nous.</p>
<h3>Compositeur</h3>
<p>Alors comment se fait-il que  nous ne voyions que notre passé ? Tout simplement, peut-être parce que  nous avançons à reculons dans la vie. Au lieu de courageusement nous  tourner dans le sens de la marche, vers le futur, nous nous bloquons  dans des expériences trop familières qui ne nous apportent plus rien.</p>
<p>La  solution ? Faire un petit demi-tour, juste histoire de voir comment  c&#8217;est en dehors de notre existence trop bien cadrée. Juste un petit pas  qui nous permette de goûter à de nouvelles sensations, de découvrir de  nouvelles impressions, de ressentir de nouvelles émotions.</p>
<p>Ce  n&#8217;est pas grand chose, tout le monde peut le faire et ça peut devenir le  début d&#8217;une nouvelle aventure.</p>
<p>Un petit stage cet été. Un voyage  chez des amis qu&#8217;on a pas vus depuis longtemps. La découverte weekend  d&#8217;une nouvelle région. Parler avec des inconnus à la terrasse d&#8217;un café.  Aller dans un restaurant manger une cuisine nouvelle. Décider de ne  plus allumer sa télé pendant un mois. Courir dans un champ de blé en  riant très fort.</p>
<p>Nous sommes tous et toutes capables d&#8217;accomplir  ces petits défis. Ils sont mieux que tout ce que l&#8217;on pourrait voir en  3D sur les meilleurs écrans plats du monde.</p>
<p>Ils sont nous.</p>
<p>Ils  représentent notre vraie vie, en direct, où à chaque instant nous  pouvons sortir de nos habitudes et tenter quelque chose de nouveau. Nous  pouvons réécrire le scénario à partir d&#8217;aujourd&#8217;hui.</p>
<p>De quoi  surprendre tout le monde.</p>
<p>De quoi même faire se retourner un  Aymara. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>(Photo : <a id="b5xf" title="KevinLallier" href="http://www.flickr.com/photos/klallier/">KevinLallier</a>)</p>
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		<title>Comme un air de scannitude</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 02:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Changer les règles]]></category>
		<category><![CDATA[changer]]></category>
		<category><![CDATA[efficacité]]></category>
		<category><![CDATA[impulsion]]></category>
		<category><![CDATA[nature]]></category>
		<category><![CDATA[scanneur]]></category>
		<category><![CDATA[scannitude]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>
		<category><![CDATA[yin et yang]]></category>

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		<description><![CDATA[
Il y a quelques semaines, je publiais un article sur les scanneurs, ces personnes, dont je fais  partie, qui ont beaucoup de mal à se concentrer sur un seul grand  objectif. Elles ont besoin de différents buts pour rester motivées et  cela n&#8217;est pas bien vu du tout dans notre société actuelle.
Vos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1150" title="Tout change, tout tourne, c'est le rythme de la vie." src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/05/round.jpg" alt="Tout change, tout tourne, c'est le rythme de la vie." width="500" height="500" /></p>
<p>Il y a quelques semaines, je publiais un article sur les <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/04/etes-vous-un-scanneur/" target="_blank">scanneurs</a>, ces personnes, dont je fais  partie, qui ont beaucoup de mal à se concentrer sur un seul grand  objectif. Elles ont besoin de différents buts pour rester motivées et  cela n&#8217;est pas bien vu du tout dans notre société actuelle.</p>
<p>Vos  réactions sur ce sujet dans les commentaires m&#8217;ont beaucoup impressionné  et depuis il y a même eu quelques prises de <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/04/etes-vous-un-scanneur/comment-page-2/#comment-2375http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/04/etes-vous-un-scanneur/comment-page-2/#comment-2375" target="_blank">conscience</a>. Cela me fait penser que  j&#8217;ai touché à quelque chose d&#8217;important et j&#8217;ai envie de  &#8220;creuser&#8221; plus le sujet. Alors, comment vous aider face à une scannitude nouvellement  découverte et aussi, comment m&#8217;aider moi-même ? Ma solution est tout  simplement de développer un nouveau projet d&#8217;ebook. C&#8217;est, je pense la  meilleure façon de vous apporter de bonnes infos à travers mes  recherches et aussi toutes mes conversations avec vous.</p>
<p>Si vous  pensez ne pas être un scanneur, vous avez le droit d&#8217;arrêter votre  lecture ici, je vous fais un mot d&#8217;excuse. Mais sans doute que vous y  gagneriez à lire plus, car vous allez peut-être changer d&#8217;avis. Pour  tous les autres, pour tous ceux et toutes celles qui se sentent  concernés, j&#8217;ai besoin de votre aide. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /><br />
<span id="more-1149"></span></p>
<h3>Yin</h3>
<p>Des  scanneurs et des scanneuses, il y en a de toutes formes et de toutes  sortes &#8211; la nature est riche ! -. Il est ainsi très difficile de définir  des types précis. <a id="vesq" title="Barbara Sher" href="http://www.barbarasher.com/">Barbara Sher</a>, qui a donné ce nom de scanneur à  notre façon de voir la vie, a créé un système de classification qui se  décompose en de nombreuses catégories, à tel point qu&#8217;il est parfois  difficile de s&#8217;y retrouver.</p>
<p>J&#8217;aimerai essayer d&#8217;améliorer ça, en  simplifiant le tout. Pour cela, j&#8217;ai besoin de vos témoignages. Si vous  pensez que vous avez une certaine forme de scannitude en vous, j&#8217;apprécierais  beaucoup que vous me laissiez un commentaire ou que vous me contactiez  directement à mon email (jp[AT]revoperso.com) ou par <a id="nvy6" title="facebook" href="http://www.facebook.com/igiveyou">facebook</a>.</p>
<p>Pour  me confier quoi ? Eh bien comment vous faites, vous, pour vivre cette  scannitude ? Comment vous organisez votre journée, comment vous balancez  votre vie de scanneur avec votre travail, quelles sont les petites astuces  que vous utilisez pour avancer dans vos projets, quels problèmes vous  rencontrez, quel serait votre mode de vie idéal, tout ça bien sûr en  n&#8217;hésitant pas à me faire passer les liens que vous jugerez utiles.</p>
<p>Toutes  vos informations me seront précieuses parce qu&#8217;elles me permettront de  créer un ebook d&#8217;une valeur certaine dont chacun et chacune pourra tirer  des enseignements. Merci d&#8217;avance. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<h3>Yang</h3>
<p>Il est intéressant de  constater que, c&#8217;est en ce début de XXIe siècle que l&#8217;on voit ressurgir  cette idée que tout le monde ne travaille pas comme un robot. C&#8217;est à  dire, à partir de 8-9 heures du matin sans s&#8217;arrêter, tout au long de la  journée.</p>
<p>Les recherches scientifiques prouvent de plus en plus  qu&#8217;un homme attaché à un bureau n&#8217;est pas aussi efficace que quelqu&#8217;un  qui travaille par impulsions. En clair, le travail doit être entrecoupé  de pauses conséquentes. Ne pas le faire, cela conduit à une baisse de la  créativité, à une chute de la capacité à générer de bonnes idées ou une  vision à long terme.</p>
<p>Si nous remontons assez loin dans le passé,  on pense que l&#8217;homme de la préhistoire fonctionnait de cette  manière. Il possédait de longues plages pendant lesquelles il vivait au ralenti, pour à un moment précis, se mettre en marche et  courir en groupe, pendant quelques heures, derrière la proie qu&#8217;il  voulait chasser. Ensuite c&#8217;était à nouveau la pause-café ou plutôt, la  longue pause-mammouth. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Et vous ? Ne sentez-vous pas qu&#8217;il y a  des moments où vous êtes plus productifs qu&#8217;à d&#8217;autres ?</p>
<h3>Yin  ou yang ?</h3>
<p>Tout sur Terre fonctionne comme ça, par impulsions.  Le cœur qui bat, le rythme des marées, nos jours et nos nuits, notre  respiration, tout est un perpétuel mouvement entre action et repos. Pourquoi  devrait-il en être autrement dans notre vie ? Dans notre travail ?</p>
<p>Dans  mon dernier ebook, <a href="http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/04/ebook-reveil-ultra-matinal/" target="_blank">Réveil ultra matinal</a>,  j&#8217;expliquai que notre cycle du sommeil exécute la même danse. Nous avons  des périodes d&#8217;environ 90 minutes d&#8217;un sommeil de plus en profond pour  ensuite faire un micro-réveil et replonger dans le sommeil.</p>
<p>Le  plus intéressant c&#8217;est que ce cycle ne s&#8217;interrompt jamais. Il nous suit  tout au long de la journée, ce qui peut nous aider à expliquer nos  coups de barres. Alors, quel est le meilleur moment pour être créatif ?  Quel est la meilleure heure pour réaliser une tâche qui demande beaucoup  d&#8217;attention ?</p>
<p>Les scanneurs ont peut-être un début de réponse.  Car nous sommes bons pour changer de tâche à l&#8217;instinct. Nous savons  pertinemment quand il faut stopper, quand nous ne sommes plus productifs  dans un domaine spécifique.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que notre société  ne nous permet pas de changer comme ça. Si notre job implique de rester  à un bureau, eh bien nous y restons, productif ou pas ! Il est hors de  question d&#8217;aller prendre une pause d&#8217;une heure pour faire totalement  autre chose, d&#8217;aller faire une sieste ou même de rentrer chez soi.  Sacrilège !</p>
<p>Alors le travail sera moins bien fait ou tout  simplement bâclé, au grand préjudice de l&#8217;entreprise.</p>
<p>Pourtant,  des initiatives isolées ont montré toute l&#8217;efficacité et le gain de  productivité lorsqu&#8217;on laissait les employés venir et partir du bureau  quand ils le désiraient. Et même mieux, le laxisme disparaissait, les prises d&#8217;initiatives augmentaient.</p>
<h3>Yin  et yang</h3>
<p>Les scanneurs ne seraient-ils finalement que des vestiges de nos  habitudes naturelles, d&#8217;avant l&#8217;ère industrielle ? Devrions-nous alors montrer au monde comment on se doit d&#8217;être productif ?</p>
<p>Action, pause.  Inspirer, expirer. Travailler, se relaxer.</p>
<p>Voilà peut-être la clé  toute simple d&#8217;une vie plus agréable. Écouter son cœur, écouter son  corps et être créatif, être productif en harmonie avec les grands  mouvements de la nature.</p>
<p>Non, je ne me fais pas le chantre d&#8217;un  quelconque new age, je garde bien les pieds sur terre. Néanmoins, à ma  connaissance, nous autres Humains, nous ne sommes pas encore équipés d&#8217;un disque dur mais  bien d&#8217;un cœur. Alors, avouons qu&#8217;on y gagnerait à moins s&#8217;épuiser en  voulant ressembler à tout prix à un ordinateur qui tourne à plein  régime. Nous devrions plutôt suivre notre rythme naturel d&#8217;être  vivant que nous sommes.</p>
<p>Et ça on l&#8217;oublie, car entourés, voire  bardés, d&#8217;objets électroniques ultra sophistiqués, on finit par se  croire d&#8217;invincibles maitres du monde.</p>
<p>La scannitude ramène tout  le monde à la réalité et on a beau essayer de la cacher, en fait, elle  existe peut-être en chacun de nous à des degrés divers. Pourquoi en  avoir honte ? Surtout si elle nous permet de mieux nous épanouir dans  les domaines importants de notre vie.</p>
<p>Mais là, il y a encore beaucoup de  monde à convaincre et je n&#8217;ai aucune intention de le faire.</p>
<p>A  chacun et chacune de choisir ce qui lui parait le meilleur&#8230; d&#8217;instinct  ? <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>(Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/blyzz/" target="_blank">Blyzz</a>)</p>
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		<title>Les filtres de notre vie</title>
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		<pubDate>Thu, 06 May 2010 03:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[Changer les règles]]></category>
		<category><![CDATA[filtres]]></category>
		<category><![CDATA[idées reçues]]></category>
		<category><![CDATA[mental]]></category>
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Un filtre, ça permet de séparer les choses désirées, des choses que  l&#8217;on ne veut pas. Ainsi nous faisons usage de filtres dans toutes  sortes d&#8217;ustensiles qui nous rendent la vie meilleure, plus agréable.  Évidemment, ici, je ne vais pas me contenter de vous parler de filtres  qu&#8217;on peut acheter au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1102" title="Une image filtrée où on ne distingue plus la mer de l'horizon. Et votre vie elle est comme ça ?" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/05/filter.jpg" alt="Une image filtrée où on ne distingue plus la mer de l'horizon. Et votre vie elle est comme ça ?" width="500" height="387" /></p>
<p>Un filtre, ça permet de séparer les choses désirées, des choses que  l&#8217;on ne veut pas. Ainsi nous faisons usage de filtres dans toutes  sortes d&#8217;ustensiles qui nous rendent la vie meilleure, plus agréable.  Évidemment, ici, je ne vais pas me contenter de vous parler de filtres  qu&#8217;on peut acheter au supermarché. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Qu&#8217;en est-il des filtres  que vous appliquez à votre vie ?<br />
<span id="more-1101"></span></p>
<h3>Filtrage</h3>
<p>Je ne vous  apprends rien, tout message que nous recevons passe par un filtrage  mental. Il est rarissime qu&#8217;une personne n&#8217;utilise aucun filtre pour  traiter une information. Prenons un exemple.</p>
<p>&#8220;Le patron veut te  voir dans son bureau, tout de suite.&#8221;</p>
<p>Eh oui, en lisant cette  phrase, tout comme moi, vous l&#8217;avez déjà passée au travers de votre  filtres personnels et vous en avez tiré des conclusions. Des images sont  même peut-être apparues dans votre tête, des souvenirs flous ou très  précis, peut-être des choses personnelles ou alors beaucoup moins, comme  un extrait de film ou de série TV. Peu importe car ensuite, presque  instantanément, vous vous êtes rappelé que vous étiez juste en train de  lire un article sur mon blog et qu&#8217;aucun filtrage n&#8217;était nécessaire. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>C&#8217;est  ça la puissance de nos pensées, leur vitesse est quasi instantané dans  notre cerveau. Ce mouvement est si rapide que l&#8217;on ne questionne  pratiquement jamais le bien-fondé de ses pensées filtrées qui agissent  sans que l&#8217;on s&#8217;en rende compte. Et pourtant, très souvent, les  associations que nous effectuons à travers nos filtres sont erronées.</p>
<p>Ainsi,  parce que cela va si vite dans notre cerveau, naturellement, nous  faisons confiance à ces pensées qui surgissent après filtrage. Bien sûr,  la plupart du temps elles sont fausses et nous conduisent à des  conclusions n&#8217;ayant rien à voir avec l&#8217;information reçue. Quelle  fiabilité accorder à un filtre qui a été modelé en regardant trop la  télé ? Quel degré de confiance peut-on donner à un filtre qui tourne  tout ce qu&#8217;il voit en négatif ? A partir de quel moment devons-nous  douter d&#8217;un filtre qui nous dit que le ciel est gris et que donc la  journée s&#8217;annonce mal ?</p>
<h3>Défiltrage</h3>
<p>Des filtres comme  ça, sont réellement nocifs et nous empêchent d&#8217;avancer dans notre  existence. Alors, l&#8217;idéal serait de les supprimer mais, vu notre passé et  notre éducation, cela me parait bien difficile. Par contre, on peut être conscient de leurs effets et effectuer  une opération de &#8220;défiltrage&#8221; lorsqu&#8217;ils agissent sur nous.</p>
<p>Comment  repérer ces filtres ? C&#8217;est simple. Dès qu&#8217;une information nous est  communiquée et que nous réagissons trop dans le sens positif ou négatif,  un de nos filtres est en action. Il est bien sûr bon de garder nos  filtres positifs, il nous permettent de voir la vie sous un angle  agréable mais, sans doute que nous devrions enlever le filtre de  l&#8217;hystérie positive. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>&#8220;Le patron ? Il veut me voir, moi ? Tout  de suite ?&#8230; Je le savais qu&#8217;il finirait par repérer le génie qui est  en moi ! Alors il a sans doute besoin de mes lumières. Ah, il en a de la  chance de m&#8217;avoir !&#8230; Bon, dis-lui que je suis au téléphone là pour un  truc important. Qu&#8217;il patiente 5 minutes.&#8221;</p>
<p>D&#8217;un autre  côté, je n&#8217;ai pas besoin de vous faire un dessin, nous savons tous et  toutes comment des informations neutres en elles-mêmes, nous touchent et  nous font descendre dans l&#8217;échelle du pessimisme. Là aussi nos filtres  sont en action et ainsi nous donnons des explications sombres à de  simple faits.</p>
<p>&#8220;Le&#8230; le patron ? Me&#8230; me voir, moi ? Qu&#8217;est-ce  que j&#8217;ai encore fait ? J&#8217;ai dû oublier un dossier, c&#8217;est sûr. Je vais me  prendre un savon&#8230; j&#8217;espère qu&#8217;il ne va pas me virer&#8230; avec le crédit  de la voiture et de la maison&#8230; Je le sens mal ce truc, c&#8217;est certain,  il va me mettre à la porte. La poisse !&#8221;</p>
<p>Une information est  juste une information. Par exemple, si votre compte en banque est à  découvert, c&#8217;est juste une donnée. Cette dernière n&#8217;a aucune influence  sur vous. Vous pouvez la découvrir dans un relevé, l&#8217;entendre au  téléphone ou on peut vous la communiquer verbalement mais elle n&#8217;a  aucune prise sur vous. C&#8217;est juste une information neutre. Malgré tout, le filtre de  la peur se met en marche et il nous prend, aux tripes.</p>
<p>Pourtant, imaginez une seconde que votre banquier, hilare, vous annonce,  en se tordant de rire, qu&#8217;il voulait vous voir pour vous donner une  information importante. Tapant frénétiquement de la main sur son genou,  il parvient à peine à hoqueter, les larmes aux yeux, que vous êtes à  découvert. S&#8217;étouffant de rire, il vous indique qu&#8217;il vous faut  rectifier cela&#8230;</p>
<p>Quel filtre utiliseriez-vous alors ?</p>
<p>Nos  filtres sont malléables. Tant que l&#8217;on est conscient qu&#8217;ils existent,  on peut les contrôler plus facilement. Une information ne devient  négative que parce qu&#8217;on le veut bien. Si, depuis notre naissance, nous  étions élevés dans la bonne humeur, sans dramatiser les soi-disant  mauvaises nouvelles, en apprenant à remettre en question les  informations reçues, notre vie prendrait des &#8220;couleurs&#8221; complètement  différentes.</p>
<h3>Infiltrage</h3>
<p>Finalement, puisqu&#8217;il est si  difficile d&#8217;échapper aux filtres, pourquoi ne pas s&#8217;en créer soi-même ?  Des filtres qui nous permettraient de voir la vie <span style="text-decoration: line-through;">en rose</span> <span style="text-decoration: line-through;">bleu</span> <span style="text-decoration: line-through;">vert</span> de toutes les couleurs ?</p>
<p>Vous  connaissez peut-être l&#8217;histoire du premier grand filtreur que  l&#8217;humanité ait jamais connu. Socrate, le philosophe grec, était réputé  pour avoir créé 3 filtres qu&#8217;il chérissait particulièrement : Le filtre  de la vérité, celui de la bonté et celui de l&#8217;utilité.</p>
<p>Chaque  information que quelqu&#8217;un désirait lui communiquer devait au moins  pouvoir passer par deux de ces filtres ou alors, il refusait d&#8217;entendre  ce que son interlocuteur avait à lui dire.</p>
<p>Si par exemple, un de  ces amis arrivait vers lui en courant, voilà le dialogue qui en général  s&#8217;ensuivait :</p>
<p>&#8220;Socrate, Socrate, attends-moi ! Tu es courant ?&#8221;<br />
&#8220;Au  courant de quoi ?&#8221;<br />
&#8220;De la nouvelle qui fait le tour d&#8217;Athènes ?&#8221;<br />
&#8220;Ah  non. Est-ce que cette information est vraie ?&#8221;<br />
&#8220;Euh&#8230; ça, je ne  peux pas l&#8217;affirmer.&#8221;<br />
&#8220;Ah bon. Est-ce que cette nouvelle est quelque  chose de bien ?&#8221;<br />
&#8220;Ben non, pas spécialement&#8230;&#8221;<br />
&#8220;Tiens ?&#8230; alors  est-ce qu&#8217;elle me sera utile ?&#8221;<br />
&#8220;Non plus&#8230;&#8221;<br />
&#8220;Vraiment ? Si ce  que tu as à me dire n&#8217;est ni vrai, ni bien, ni utile pour moi, pourquoi  voudrais-tu que je t&#8217;écoute ?&#8221;</p>
<p>Et Socrate de poursuivre son chemin,  laissant là son ami dépité et sans doute, un peu énervé.</p>
<p>Peut-être  que nous aussi nous devrions utiliser les filtres socratiques. Lorsque  nous parlons avec notre famille ou nos amis. En regardant la télé ou en  écoutant la radio. Nous pouvons le faire discrètement, mentalement, tout  en douceur. Socrate lui, n&#8217;était pas du genre diplomate mais nous  n&#8217;avons pas besoin de faire passer des tests oraux à tous ceux qui  veulent communiquer avec nous&#8230;.</p>
<p>Quoique.</p>
<p>Si un jour,  appelé par la direction, vous entrez dans le bureau de votre patron :</p>
<p>&#8220;Vous  m&#8217;avez convoqué, me voici. Mais avant que vous ne me parliez, vous  allez devoir passer par les 3 filtres socratiques. Tout d&#8217;abord, cette  annonce que vous vous apprêtez à me faire, est-elle vraie ? En êtes vous  sûr ?&#8221;</p>
<p>Ce à quoi votre patron hochera doucement la tête.</p>
<p>&#8220;Bien.  Est-ce que cette nouvelle est bonne pour moi ?&#8221;</p>
<p>Deuxième  hochement de tête.</p>
<p>&#8220;Parfait ! Enfin, ce que vous avez à me dire,  me sera-t-il vraiment utile ?&#8221;</p>
<p>Ce à quoi votre patron hochera  frénétiquement du chef.</p>
<p>Que pensez-vous qu&#8217;il vous annoncera ? <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>(Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/etogh/" target="_blank">Héctor Guerra</a>)</p>
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		<item>
		<title>Êtes-vous un scanneur ?</title>
		<link>http://www.revolutionpersonnelle.com/2010/04/etes-vous-un-scanneur/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 03:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Philippe</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est quoi votre passion?]]></category>
		<category><![CDATA[Changer les règles]]></category>
		<category><![CDATA[Vous êtes bloqués?]]></category>
		<category><![CDATA[barbara sher]]></category>
		<category><![CDATA[choisir]]></category>
		<category><![CDATA[léonard de vinci]]></category>
		<category><![CDATA[passions]]></category>
		<category><![CDATA[révolution industrielle]]></category>
		<category><![CDATA[rosine caplot]]></category>
		<category><![CDATA[scanneur]]></category>

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		<description><![CDATA[
Je sais que vous n&#8217;allez pas me croire parce que j&#8217;écris de longs  articles mais celui-ci est vraiment très très long. Prévoyez environ 12  minutes pour le lire.
Est-ce que la situation qui suit vous  est familière ?
Vous travaillez sur une idée depuis quelques  heures, quelques jours ou quelques semaines et soudain [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1077" title="Une porte ouverte sur un océan de possibilités... (je sais, elle est facile)" src="http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-content/uploads/2010/04/santorin.jpg" alt="Une porte ouverte sur un océan de possibilités... (je sais, elle est facile)" width="500" height="333" /></p>
<p><em>Je sais que vous n&#8217;allez pas me croire parce que j&#8217;écris de longs  articles mais celui-ci est vraiment très très long. Prévoyez environ 12  minutes pour le lire.</em></p>
<p>Est-ce que la situation qui suit vous  est familière ?</p>
<p>Vous travaillez sur une idée depuis quelques  heures, quelques jours ou quelques semaines et soudain vous sentez que  vous n&#8217;avancez plus. Cela va même plus loin, vous sentez que vous ne  voulez plus avancer.</p>
<p>La tâche à laquelle vous êtes attelé ne vous  intéresse plus. Mais alors plus du tout. Car dans votre tête une  nouvelle idée, dans un domaine complètement différent, a germé. Ou  alors, votre attention a été attirée par une autre activité que vous  aimeriez bien débuter.</p>
<p>Ce qui s&#8217;ensuit alors est un dialogue  intérieur où une certaine angoisse commence à monter. En effet, vous  vous dites que, lorsque l&#8217;on travaille sur un projet quel qu&#8217;il soit, on  se doit de le terminer, et ensuite seulement, on passe à autre chose.  Ceux et celles qui réussissent dans la vie sont comme cela, c&#8217;est bien  connu. Mais pas vous.</p>
<p>Vous, vous êtes le roi des projets  inachevés. Vous êtes la reine des idées à peine commencées et jamais  finies. Vous êtes l&#8217;artiste qui n&#8217;a jamais terminé une œuvre. Vous êtes  celui ou celle que le monde considère comme ayant peu de volonté et  ayant une mentalité de girouette.</p>
<p>En fait, au fond de vous-même,  vous vous considérez comme un loser, un raté ou une bonne à rien.</p>
<p>Et  pourtant.</p>
<p>Si le monde savait, il comprendrait qu&#8217;il est en  train de gaspiller un incroyable talent qui pourrait être tant utile à  l&#8217;humanité. Car vous êtes peut-être un scanneur.<br />
<span id="more-1075"></span></p>
<h3>Découverte</h3>
<p>Comment  pourrait-on exactement définir un scanneur ? Rosine Caplot, une  <a href="http://www.rosinecaplot.com/2008/10/are-you-a-scanner/" target="_blank">scanneuse</a> comme moi, sur <a href="http://www.rosinecaplot.com/2010/03/remember-that-you-are-a-scanner/" target="_blank">son blog</a> (en anglais) nous en donne une belle  définition :</p>
<p>&#8220;<em>Un scanneur est le contraire d&#8217;un spécialiste.  Il lui est difficile de choisir une seule passion ou carrière et s&#8217;il se  force à le faire, il devient malheureux et sa productivité en souffre.  Les scanneurs peuvent s&#8217;intéresser à de nombreux domaines, complètement  différents les uns des autres. Ils ont habituellement plusieurs projets  &#8220;sur le feu&#8221; et ont constamment de nouvelles idées. Ils poursuivent  rarement toutes ces dernières et s&#8217;ils le font, ils vont rarement jusqu&#8217;au  bout</em>.&#8221;</p>
<p>Vous vous reconnaissez dans cette définition ? Alors  soyez le ou la bienvenue au club ! <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Vous allez voir que le fait de pouvoir mettre un nom  sur ce que vous considériez comme une &#8220;tare&#8221; va déjà vous ôter d&#8217;un grand  poids. Maintenant vous savez qui vous êtes et que vous n&#8217;êtes pas  seul(e).</p>
<p>La première personne, à ma connaissance, à avoir vraiment creusé  les choses est l&#8217;américaine Barbara Sher, celle-là même qui a inventé le  terme de &#8220;scanneur&#8221; par opposition aux plongeurs (&#8221;divers&#8221; en anglais)  ceux qui peuvent justement se plonger dans un seul domaine très précis. Elle a  défini, analysé et classé différents types de scanneurs et a offert des  solutions pour aider chacun et chacune à avoir une vie plus agréable.  Je vous recommande son livre <a id="dmm0" title="Refuse to Choose !" href="http://www.amazon.fr/Refuse-Choose-Revolutionary-Program-Everything/dp/1594866260/">Refuse to Choose!</a> comme point  de départ de votre redécouverte.</p>
<p>Alors, n&#8217;hésitez pas à être  fier(e) de votre scannitude, car vous revenez de loin.</p>
<h3>Formatage</h3>
<p>Dès notre plus jeune âge, à la maison ou à l&#8217;école, on nous  apprend les règles de la vie. Ces lois ne sont jamais remises en  question et chacun les considère comme des commandements fondamentaux,  nécessaires à une vie bien réussie.</p>
<p>L&#8217;un d&#8217;entre eux, est l&#8217;un de  ces soi-disant principes du succès et, très jeune, il nous est inculqué à  force de devoirs, examens, tests et si nécessaire, punitions.</p>
<p>&#8220;Toute  activité commencée doit être achevée avant de passer à une autre.&#8221;</p>
<p>Cette  règle s&#8217;applique aux plus petites tâches comme aux grandes étapes de  notre vie. L&#8217;école nous propose des classes dans un ordre précis, avec  des dates de  tests et d&#8217;examens fixés arbitrairement. Plus tard, on est encouragé à  choisir une voie unique qui parait définitive. Dans notre travail on se  doit de mener jusqu&#8217;au bout une mission qui nous est confiée. C&#8217;est  normal après tout. Et même si l&#8217;envie nous en prend, on ne change pas  d&#8217;activité, on reste sur ce que l&#8217;on fait. Cela montre notre force de  caractère, notre volonté.</p>
<p>C&#8217;est comme ça que l&#8217;on réussit,  s&#8217;entend on dire dans notre entourage. Même nos proches, ceux qui  veulent notre bien, comme nos parents, nous encouragent à choisir et à  ne plus changer. On finit par y croire puisque tout changement est  considéré comme 2ème classe, comme celui des paresseux, des  procrastinateurs, de ceux qui ne savent pas ce qu&#8217;ils veulent dans la  vie.</p>
<p>Cette dictature de l&#8217;efficacité, des projets rondement  menés, des buts atteints en serrant les dents et des objectifs soulignés  en rouge dans son emploi du temps finissent par complètement masquer  d&#8217;autres possibilités.</p>
<h3>Anthropologie</h3>
<p>Est-ce ainsi  dans la nature humaine que d&#8217;avoir un chronomètre à la main et de vivre  sa vie en accumulant les lignes d&#8217;arrivées franchies ? Est-ce réellement  dans nos gènes ?</p>
<p>Regardons autour de nous. Après tout, &#8220;nous&#8221;  venons de cette nature qui nous a permis d&#8217;évoluer et de nous développer  dans cette race humaine qui maintenant domine la planète. N&#8217;oublions  pas qu&#8217;au départ, nous n&#8217;étions qu&#8217;une espèce parmi tant d&#8217;autres et que  les dés du hasard nous ont permis d&#8217;avoir une évolution plus rapide.</p>
<p>Je  me demande si nos lointains ancêtres étaient comme nous ? Par exemple  l&#8217;homme de Cro-magnon avait-il ce besoin compulsif d&#8217;en terminer avec  une cueillette de fruits avant d&#8217;attaquer &#8211; dans les deux sens du terme &#8211; le dossier mammouth pour le diner ? Où se situait la spontanéité dans ses décisions ?</p>
<p>La  nature nous montre également un règne animal qui ne se préoccupe pas  beaucoup d&#8217;efficacité et de buts atteints.</p>
<p>La lionne ne tue pas  son quota d&#8217;antilopes. L&#8217;éléphant ne s&#8217;arrête pas de fourrager après un  certain nombre de kilos. Les poissons ne vont pas dormir à 22h00 pile  tous les soirs. Les moustiques ne recueillent pas exactement 2  milligrammes de sang par victime.</p>
<p>Les animaux agissent à  l&#8217;instinct. L&#8217;homme plus du tout. Mais il était un temps où ce dernier  avançait aussi dans la vie selon ses humeurs et ses besoins. Ceci dit,  un jour, peut-être que les premiers hominidés ont noté inconsciemment  que, si on s&#8217;organisait en groupe pour chasser le gibier, eh bien on en  ramenait bien plus et bien plus vite. De là, peut-être que tout le reste  a découlé, pour le bonheur des hommes mais pas vraiment celui du reste de la  terre.</p>
<h3>Hyper-simplification</h3>
<p>Je suis certain que,  nombreux sont parmi vous ceux qui se disent que sans cette concentration  sur un objectif, sans ce fait d&#8217;atteindre un but, notre monde serait  d&#8217;une grande pagaille et pas si agréable à vivre. Toutes les inventions,  les découvertes scientifiques et autres progrès de l&#8217;humanité, ont bien  dû avoir derrière des hommes qui n&#8217;étaient pas en train de changer  d&#8217;intérêt comme des girouettes. Sinon rien n&#8217;aurait pu être inventé.</p>
<p>Ce  que je dis ce n&#8217;est pas que ceux et celles qui aiment atteindre leurs  buts sans quitter des yeux leurs objectifs ne sont pas utiles, bien au  contraire. Moi-même, j&#8217;ai déjà pas mal écrit sur les bienfaits de  l&#8217;efficacité. Ce que je reproche à notre société, c&#8217;est de prendre ce  modèle de travail comme &#8220;le&#8221; modèle et de rejeter tous les autres.</p>
<p>La  richesse des humains est justement dans cette variété de façons de  faire. Appliquer un modèle standard, c&#8217;est formater la race humaine  comme un ordinateur avec un seul programme. Or, des programmes, il en  existe des milliers et plus il y a de variété, mieux c&#8217;est.</p>
<p>C&#8217;est  un petit peu comme la globalisation que nous vivons maintenant. Prenez  l&#8217;exemple de la consommation. Les entreprises les plus performantes dans  ce domaine ont gagné, ont fait disparaitre les autres et maintenant  dominent tous les marchés du monde. Si vous voyagez un peu, vous avez  remarqué que vous pouvez trouver les mêmes chaines de restaurants, de  cafés, de vêtements, de chaussures de sport &#8211; de tout quoi &#8211; dans la  plupart des grandes villes du monde. Uniformité égale efficacité.</p>
<p>C&#8217;est  vrai que c&#8217;est pratique. Mais qu&#8217;en est-il du petit commerce qui  apporte sa touche originale ? Au moment où j&#8217;écris ces lignes je suis en  vacances au Portugal. Chaque fois que j&#8217;ai envie de boire un café au  lait, je ne vais pas au Starbucks du coin car leur &#8220;café latte&#8221; possède  exactement le même goût que je connais déjà à Tokyo et que j&#8217;avais  découvert auparavant à Los Angeles. Où en est l&#8217;intérêt ?</p>
<p>Non je  préfère rechercher les petits cafés locaux pour découvrir une nouvelle  saveur et enrichir mon palais, tout en buvant un abatanado &#8211; nom local &#8211;  au goût délicieux.</p>
<h3>Scannitude</h3>
<p>Ainsi la variété est  importante. Tout comme nous n&#8217;aimerions pas manger la même chose tous  les jours, notre société ne doit pas devenir uniforme et ne garder qu&#8217;un  seul style de travail qui, à mon avis, appauvrirait nos cultures.</p>
<p>Bien  sûr, nous avons besoin de personnes qui aiment la précision, les buts  clairement définis à atteindre mais, à côté d&#8217;eux, il devrait y avoir  plus de place pour ceux et celles qui ont une autre manière de  travailler et qui apporteront aussi leur contribution à l&#8217;humanité.</p>
<p>D&#8217;ailleurs,  regardez autour de vous. Beaucoup ne sont pas vraiment heureux dans ce qu&#8217;ils font. Peut-être est-ce parce qu&#8217;ils ont été forcé de choisir une  voie et que cela ne leur correspondait pas vraiment.</p>
<p>Le scanneur  qui ne se connait pas, balloté de droite à gauche au gré de la vie,  finit souvent par accomplir très peu. Ce dont le scanneur a besoin c&#8217;est  d&#8217;abord de bien comprendre qu&#8217;il n&#8217;y a aucun mal à en être un et  qu&#8217;ensuite les méthodes de travail qu&#8217;on apprend à l&#8217;école ou en  entreprise peuvent difficilement s&#8217;appliquer à lui ou elle, puisque les  scanneurs ont une manière différente de structurer leurs pensées et donc  leur vie.</p>
<p>C&#8217;est ce que j&#8217;essaye de faire. Dans tout ce que  j&#8217;entreprends, j&#8217;ai toujours besoin d&#8217;y inclure cette notion de  changement. Inconsciemment au début, j&#8217;ai toujours recherché des  activités qui me permettraient de vivre pleinement ma scannitude. Cela  m&#8217;a coûté beaucoup au niveau de la promotion et de la réussite  extérieure mais je ne le regrette pas car, de toute façon, j&#8217;aurais été  très malheureux. Certains peuvent serrer les  dents et tenir. Pas moi. Là aussi, c&#8217;est simplement une question de  choix, le vôtre. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<h3>Histoire</h3>
<p>Enfin, pour ceux qui  auraient des doutes sur ce que peuvent accomplir les scanneurs, il  suffit de regarder le passé pour les découvrir. En fait, plus on remonte  dans le temps et plus on va en trouver. Il n&#8217;était pas rare alors de se  spécialiser dans plusieurs domaines et de sauter de l&#8217;un à l&#8217;autre, au  gré de ses humeurs. Ceux ou celles capables de jongler avec plusieurs  disciplines étaient admirés et courtisés. Et ce, jusqu&#8217;à ce que la  révolution industrielle fasse table rase sur tout ça.</p>
<p>Prenons un  exemple, celui peut-être, du plus grand de tous les scanneurs que nous  connaissions, Léonard de Vinci. Si on essaie de le définir comme un  grand peintre, on fait une grosse erreur. Il faut savoir qu&#8217;en tout et  pour tout, seulement une douzaine de tableaux lui sont attribués.  Qu&#8217;a-t-il donc fait du reste de son temps, car il a quand même vécu jusqu&#8217;à 67  ans ? Vous le savez sans doute, il avait de multiples intérêts, était  un touche à tout et prenait aussi le temps de vivre. Il a d&#8217;ailleurs  souvent été traité de procrastinateur par ses contemporains&#8230; un comble  !</p>
<p>Une précision quand même : Léonard était sans aucun doute un  scanneur mais cela ne veut pas dire que tous les scanneurs sont  des génies. Dommage. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>En fait chacun et chacune utilise ses  talents et fait de son mieux avec. L&#8217;avantage, lorsque l&#8217;on sait que  l&#8217;on est un scanneur, c&#8217;est qu&#8217;on va arrêter de se taper la tête contre les  murs parce que l&#8217;on ne correspond pas aux schémas mis en avant par la  société et, qu&#8217;ensuite, on peut créer son propre modèle de vie en  s&#8217;appuyant sur ses points forts.</p>
<p>Là, cela demande une certaine  recherche car il existe de nombreux types de scanneurs. De celui ou  celle qui ne peut rester sur une activité que quelques heures à ceux qui  peuvent passer plusieurs semaines voire plusieurs mois sur le même  projet avant d&#8217;enchainer sur autre chose. De celles qui reviennent  constamment à des projets déjà commencés à ceux qui, une fois qu&#8217;ils ont  mis de côté une idée, n&#8217;y reviennent jamais. De tous ceux qui peuvent  vivre leur vie de scanneur à côté d&#8217;un emploi régulier à ceux qui ne  peuvent accepter cet état de fait et sont considérés comme des  marginaux, refusant de complètement s&#8217;intégrer dans &#8220;la&#8221; société. Et ça,  c&#8217;est moi. <img src='http://www.revolutionpersonnelle.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Et vous, vous vous situez où ?</p>
<p>(Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/wolfgangstaudt/" target="_blank">Wolfgang Staudt</a>)</p>
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