La peur de réussir
Par Jean-Philippe le 31 July 2009
dans Vous êtes bloqués?

Comment peut-on avoir peur de réussir? Ça ne paraît pas logique car évidemment nous avons tous vraiment envie de réussir, non? On veut tous finir ce site web qui nous tient à coeur, inviter cette fille ou ce garçon au ciné, négocier cette augmentation méritée ou perdre ces kilos superflus.
Regardez de plus près certains buts que vous vous étiez fixés dans le passé. Qu’est-ce qui a fait capoter le projet? Pourquoi avez-vous abandonné? Ah évidemment, il y a eu des évènements imprévus, des problèmes qui ont surgi, c’est vraiment pour ça qu’on a dû s’arrêter. Nous, on voulait vraiment réussir! Ah oui? Et les autres alors? Ceux qui ne sont pas plus doués que nous et qui parviennent à finir leurs projets avec une “aisance” désarmante? Pourquoi eux et pourquoi pas nous?
De même que le bras du joueur de tennis tremble souvent au moment de la balle de match, la peur de gagner est quelque chose de très réel. Elle bloque notre élan et la plupart d’entre nous vivons inconsciemment cette peur du succès. Je vous propose d’en examiner les mécanismes et de découvrir une des solutions simples pour être sûr que vous réussirez à finir votre prochain projet.
Les multiples facettes de la peur du succès
Réussir son projet, atteindre son but ou être plus heureux, ont une définition différente selon chacun. Mais tous ces objectifs vont créer des changements dans votre vie. Quand vous gagnerez beaucoup plus d’argent, vous ne percevrez plus le monde de la même manière. Quand vous aurez perdu vos kilos en trop, vous serez une personne différente. Comment vos amis réagiront-ils lorsqu’ils vous verront svelte alors qu’eux sont restés les mêmes? Quand votre compagnie fera de beaux bénéfices, comment vous jugera votre entourage quand il vous découvrira avec certains signes extérieurs de richesse? Il n’est pas certain qu’ils soient tous sincèrement heureux pour vous mais plutôt jaloux de votre courage. Avancer dans la vie, provoque donc des changements. Ces changements ne plairont pas à tous. Nombreux sont ceux qui, parmi nous, préfèrent éviter ces frictions qui déstabilisent et nous mettent dans des situations où nous devons faire face à de nouvelles responsabilités.
Depuis tout petit, je voulais devenir animateur radio. J’avais réussi à décrocher des petits boulots dans de petites radios associatives mais ce n’étaient pas des contrats stables où je gagnais bien ma vie. La preuve? A l’époque j’habitais chez mes parents. L’envers de la médaille était que je me trouvais dans une situation très confortable, avec chambre et repas fournis, mon linge étant lavé et repassé. Ma motivation pour accéder à un contrat professionnel en radio était grande mais d’un autre côté cela voulait dire que je devais quitter le cocon familial, pour une vie où je serais responsable de mon quotidien. De toute évidence, c’était quelque chose auquel je ne voulais pas faire face.
Cette résistance au changement, au progrès, cet auto sabotage peut prendre d’autres formes. On ne veut pas blesser les autres par son succès. Alors on s’empêche d’avancer en créant de faux problèmes ou des excuses qui empêchent d’atteindre son but. On se tient aussi un discours qui dévalorise, du style: “qui je suis pour réussir? Je ne le mérite pas.” Également, il arrive que certains se disent qu’une fois le but atteint, que va-t-il se passer? “Et si je n’étais pas satisfait? Et si après je n’avais plus aucune motivation?” C’est vraiment l’inconnu et ça fait peur.
La clef du succès est dans notre tête
Il est normal de ressentir cette peur. C’est un phénomène naturel qui nous a bien aidé pendant notre évolution d’être humain et nous a protégé de l’inconnu. De nos jours, nous réagissons encore de la même manière. Cet inconnu n’est plus physiquement dangereux comme les animaux aux dents longues de notre préhistoire mais ça, notre instinct ne le sait pas. L’équation: changement = danger, fonctionne toujours et plus on évite d’affronter ses peurs, plus elles se renforcent, nous bloquant dans une situation ou on ne peut pas pleinement s’exprimer.
Il est triste de se retrouver bloqué toute une vie dans une profession ennuyeuse. Il est dommage de ne pas aller parler à cette fille ou à ce garçon qui nous plaît. Il est regrettable de ne pas aller à la gym et de garder ses kilos en trop. Qui est gagnant dans cet auto sabotage? Personne, car vous ne rendez service ni à vous-même, ni à votre entourage. En y regardant de plus près, cette peur du succès est-elle si impressionnante?
L’échelle des valeurs
Il y a plusieurs solutions pour briser ce blocage mais l’une des plus efficaces est de lister les avantages et les inconvénients de cette réussite. Prenez une feuille de papier et un crayon. Vous pouvez aussi faire cet exercice sur votre ordinateur. Divisez la feuille en deux colonnes. À gauche listez tous les avantages que vous recevrez si vous atteignez votre but. À droite, faites le contraire. Notez tout ce que vous perdrez si vous réussissez. Soyez très précis, utilisez des exemples concrets.
Par exemple si je perds quinze kilos, j’aurai plus d’énergie, j’aurai une meilleure santé, je pourrai acheter des vêtements plus élégants, je n’aurai plus peur du regard des autres, etc… Parmi les désavantages à perdre mes kilos, je ne vais plus pouvoir manger ces délicieux petits pots de glace au chocolat que j’adore, je vais rater mes programmes TV favoris quand je serai à la gym, je ne vais plus pouvoir aller avec mes amis ou amies à notre pâtisserie favorite, etc…
Si je reprends mon exemple d’animateur radio, je peux lister comme avantage un vrai salaire qui me permet d’être indépendant, vivre dans mon propre appartement, recevoir mes amis quand je veux, être libre de me coucher quand je le désire, etc… De mon point de vue, comme désavantage je listerais devoir nettoyer mon appartement, faire ou acheter mes repas, laver mon linge et toute la gestion des nouvelles dépenses incluses dans la location de mon studio.
Choisissez votre succès
Quand vous avez fini vos deux listes, comparez-les et demandez-vous si ça vaut vraiment le coup de changer votre vie. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais l’avantage de faire cette liste est que vous ne pouvez plus vous cacher. Vous devez prendre vos responsabilités. Dans de nombreux cas, quand vous regarderez vos listes vous sourirez en faisant la comparaison. Bien sûr que le changement est meilleur. En les mettant sur papier, vous ôter à vos peurs leur pouvoir sur vous.
Finalement, après ce premier exercice qui a pour but “d’exorciser” ces peurs plus virtuelles qu’autre chose, je vous encourage à aller plus loin. Imaginez-vous ayant réussi votre pari. Imaginez-vous svelte, recevant vos premiers bénéfices ou frappant à la porte de votre rendez-vous romantique. Que ressentirez-vous?
Après de nombreuses hésitations, j’ai finalement envoyé mon CV audio à des stations pro. J’ai été embauché, j’ai eu un peu peur mais la sensation de réussite et de liberté qui suivit fut trop bonne. En plus, cette simple action m’ouvrit des perspectives que je n’aurai jamais pu imaginer même dans mes rêves les plus fous. Un jour, il faudra que je vous raconte ça.
On dit que la chance sourit aux audacieux. La phrase est un peu simpliste mais je pense que l’idée est vraie. Il faut y aller. Il faut saisir votre opportunité. Levez-vous et commencez ! Perdez ces kilos. Enregistrez-vous comme auto entrepreneur. Allez lui parler sur la piste de danse. Cette décision toute simple vous ouvrira des portes insoupçonnées.
(Photo: Paulo Brandão)
Merci.
Merci de reconnaître ce défaut même aux plus entreprenants, qui ne rechignent pourtant pas ni à la tache ni aux responsabilités.
Je vous dirai bientôt le résultat de ma liste à 2 colonnes
Merci LaForêt! Je suis curieux de voir ce que cela va donner…
Merci bcp Jean-Philippe !
c’est vraiment cette peur de réussir, et surtout l’équation changement = danger qui empêche énormément de gens (et j’en fais parti… :s mais j’essaie encore) d’atteindre leurs buts…
JP, j’ai une petite question : avant d’aller au japon, ca vous a pris combien de temps pour enfin prendre l’ultime décision de changer de vie ??
Merci Manau!
C’est une question à laquelle il est difficile de répondre parce que l’idée de changer s’est formée petit à petit, avec des reculs et des avancées. En gros, je dirais que cela m’a pris 5 ans entre le moment où l’idée a commencé à germer et le jour où j’ai eu mon billet d’avion entre les mains. C’était d’ailleurs à destination de l’Amérique du Sud, car en tout j’ai changé 3 fois de continent et donc 3 fois de vie.
Bonne chance Manau! C’est comme pour tout, c’est la première fois qui est la plus difficile… mais le jeu en vaut la chandelle, car après on se sent si libre.
Je viens de découvrir une vidéo de quelques-uns qui “l’ont fait”. Yatta !
Ils sont japonais … et très surprenants pour l’européenne que je suis
http://www.dailymotion.com/video/xx279_happatai-yatta_fun
Merci beaucoup LaForêt!
Les japonais restent de grands enfants et aiment s’émerveiller avec des choses toutes simples. Dans ce cas précis, cette chanson de 2001 est quand même à prendre au second degré! Pour plus d’info:
http://fr.wikipedia.org/wiki/YATTA!